Le drame des réfugiés syriens retrouvés noyés sur une plage grecque hante les esprits. La photo d’Aylan Kurdi, trois ans nez dans le sable, en jean et tee shirt rouge sans vie fait le tour du monde. Ces enfants pourraient être les miens. Je suis chrétienne, je suis mariée, je suis mère. J’ai pleuré ces enfants car nous faisons partie de la même famille humaine. Je peux m’exprimer librement, croire ou ne pas croire, je suis libre, je suis française !  Je prie pour la paix et je me demande tous les jours comment la faire davantage advenir autour de moi. Mon père a connu l’horreur de la deuxième guerre mondiale. Un jour, petit garçon rentrant de l’école, il s’est écroulé à terre devant une maison en ruines. Il s’était trompé de rue… Il a retrouvé les siens. Qui se soucie de ces familles traumatisées qui frappent à notre porte ? Je suis à la croisée des chemins, fragile et forte, capable du pire comme du meilleur si je devais un jour sauver mes enfants, les enfants des autres…

Alors que faire ? Regarder pétrifiés cette part de l’humanité sombrer sans nous lever ou trouver des solutions collectivement ? Elles seront forcément imparfaites et critiquées. Nous avons toujours le choix. Nous plaindre et dire que nous ne pouvons rien faire individuellement est faux. Nous pouvons honorer le don de la vie si fragile qui nous a été fait, trouver nos talents et les offrir au monde.

chercher-épanouissement-etty-hillesum

Trois choix s’offrent à nous :

1. Etre cynique, insensible et avoir peur

2. Accuser les autres et se déresponsabiliser

3. Honorer la vie et donner le meilleur

Je vous avoue que je suis passée par ces deux premières étapes pas pour le sujet brulant qui a motivé cet article mais dans la vie en général. Elles ont été nécessaires pour que je prenne enfin conscience que j’ai le pouvoir de changer. J’ai le choix d’avancer vers la meilleure version de moi même ou de continuer à me plaindre sans faire le travail intérieur pour grandir en humanité.

Je ne cherche aucunement à accuser ou à juger. Je remercie ceux qui par leur plume réveillent les consciences, alertent l’opinion sur les nombreux problèmes de société, sur les crises politiques, sociales, économiques. Je remercie ceux qui passent à l’action pour prendre soin des plus faibles. Je cherche seulement à vous dire que pour honorer la mémoire de ceux qui vous ont donné la vie et pour honorer ces familles décimées, il est possible de changer notre regard en chérissant la vie comme un cadeau précieux même dans les épreuves. David Steindl-Rast l’explique très bien dans l’article suivant : Bonheur & gratitude . Son « stop – look – go » est fort. Il ancre dans l’instant présent.

J’entends cependant des soupirs et des « A quoi bon ? » Mais que voulons-nous ? Nourrir la confiance ou la peur ? Depuis deux ans que ce blog existe, j’ai résolument choisi mon camp. Si je l’ai baptisé « le blog des empêcheurs de tourner en gris» c’est pour faire ma part. Vous pouvez aussi faire la votre et je me réjouis de vous savoir en chemin avec moi.

Ma vie change parce que je décide chaque matin de faire du mieux possible, ce qui ne veut pas dire que j’y arrive  Ma vie change parce que je me forme, je transmets, parce que j’accepte enfin d’être co-créatrice. La gratitude attitude se cultive patiemment. Oui faire des efforts pour se dépasser est difficile, inconfortable et magnifique à la fois. Je mise sur les petits pas qui les uns après les autres redonnent goût à la vie. C’est là que les miracles se produisent et que je peux me sentir parfois comme mystérieusement accompagnée…Oui il est possible de sourire dans les épreuves, il est possible de se relever et de rire quand on se dit que l’on est nul alors que l’on vient juste de faire une erreur ! S’aimer et aimer en vérité dans nos zones d’ombre et de lumière. Car avouons le, nous nous complaisons encore trop souvent en nous noyant dans un verre d’eau pour bien peu de choses… 

goutte-ocean-mere-teresa

Trois pistes concrètes pour chaque jour :

1. Faire quelque chose pour quelqu’un: 

un sourire, un réconfort, un don, une aide, une prière.

2. Faire quelque chose pour la Terre :

l’admirer, la remercier, la protéger.

3. Faire quelque chose pour nous :

un moment de calme, de sens, de gratitude.

Si je vous écris si simplement, c’est aussi par ce que je connais cet état de sidération après avoir perdu un être cher de noyade. Mon frère Philippe est parti trop tôt à l’aube de ses 16 ans. Je ne connais pas la fuite, la peur au ventre, les humiliations. Je connais le temps qui se fige, la vie qui semble ne plus avoir de sens, la difficulté à me remettre en route. Je suis infiniment reconnaissante envers tous ceux qui nous ont aidé à nous reconstruire. Le drame que vit le monde aujourd’hui est bien plus tragique. Il pourrait nous engloutir tous, il dépasse de beaucoup mes compétences. Pourtant avec vous je me lève, je crois en moi, en ce monde meilleur que je bâtis pour moi et pour les autres.

Aujourd’hui j’ai le courage d’avancer dans la gratitude et je crois avec Martin Gray «…que les blessures deviennent, si l’espérance l’emporte sur la souffrance, les veines dans lesquelles ne cesse de battre le sang de la vie.»

Ces réflexions vous aident-elles à avancer ?