Vivre le bonheur à travers une épreuve terrible semble impossible et pourtant ? A l’image des ces parapluies ouverts un jour de grand soleil, nous pouvons ternir notre bonheur pour des raisons bien futiles et ne plus voir le magnifique ciel bleu de l’instant présent. Et si nous pouvions trouver de la joie et du sens même à travers l’épreuve la plus cruelle ?

Anne Dauphine Julliand donne son témoignage magnifique… 

Laissez vous porter par cette femme ordinaire qui a su trouver des forces de vie et d’amour extraordinaires et qui a pleinement consentie à sa vie et à celle de ses proches… Gratitude ! 

Anne Dauphine était très heureuse d’un bonheur presque insolent, une belle histoire d’amour, un job passionnant, une famille aimante et deux enfants. Un jour de vacances sur le sable mouillé  elle remarque que sa petite Thais marche bizzarement… Le jour de ses 2 ans un neuropsychiatre leur annonce que leur petite fille a une maladie dégénérative mortelle, qu’elle va être privée peu à peu de tous ses acquis, de toutes ses fonctions !

Pour la première fois de sa vie, elle se retrouve sans lumière, anéantie, pensant que le bonheur est perdu à jamais . Une  phrase du docteur Alain Bernard lui revient à l’esprit :

« Quand on ne peut pas ajouter des jours à la vie, on peut ajouter de la vie aux jours ! »

Voici les étapes qu’elle partage et qui peuvent aider chacun :

1) Refuser le mur du « pourquoi ? »

Instinctivement elle ne cherche pas la réponse au « pourquoi » ! C’est une discipline de tous les jours car explorer le « pourquoi » c’est la certitude du malheur qui ne permet pas de se mettre en chemin !

2) Avancer avec le « comment ? »

Elle s’engage à chercher comment faire pour avancer, pour vivre des moments de joie et de bonheur malgré tout.  Parfois c’est un tout petit pas mais c’est essentiel !

3) Vivre le temps présent avec le coeur

Elle s’adapte aux circonstances et son amour de mère reste intact, elle vit chaque instant intensément grâce à ses deux enfants.

4) Dire la vérité simplement

Elle ne cache pas la vérité à son fils de 4 ans et à leur fille condamnée. Avec sa simplicité de petit garçon il l’aide à ouvrir des portes intérieures pour vivre des moments de bonheur !

La plupart de nos peurs viennent de la peur de l’avenir et vivre l’instant présent est tellement libérateur ! La vie de Thais en l’invitant à vivre l’instant libère Anne Dauphine de ses peurs.

5) Vivre pleinement ses émotions

Elle vit ses émotions comme elle viennent. Les pleurs, le manque de force, les joies ! Elle réalise que sa fille de deux ans a parfaitement consentie à sa vie. Ce qui lui donne une force incroyable car chacun est « capitaine de son âme ». Jamais elle n’aurait choisi cette épreuve mais si on ne peut pas tout maitriser, on peut choisir comment la vivre.

6) Décider d’aimer jour après jour

Elle gravit cette montagne avec son mari ! Trop surs de leur bel amour ils se transforment  en aide soignants et s’éloignent peu à peu sans s’en rendre compte. Ils en prennent conscience, nourrir leur amour redevient prioritaire ! Alors ils décident de s’encorder et de choisir de s’aimer tous les jours, un jour à la fois ! Ils apprennent à mieux respecter le décalage entre leurs peines et leurs joies, à se soutenir vraiment, à être beaucoup plus attentifs l’un à l’autre !

7) Rester en lien avec le monde

Elle a fait appel à tous ceux qui ont pu l’aider et elle a eu la chance de recevoir de l’aide de ses amis. Il n’y a pas de pire souffrance que la solitude ! Au delà de l’aide précieuse du corps médical, c’est tellement bon de vivre des moments de légèreté, d’insouciance en faisant du shopping avec des copines mais aussi  de partager les peines et joies des autres car ça invite à la compassion ! C’est un acte de confiance que la demande de consolation !

8) Se retrouver soi

Pour être heureuse malgré tout, elle a besoin d’elle même, de se retrouver, de savoir que son projet de femme et de mère c’est de rendre son enfant heureux quelque soit sa vie !

Jamais elle n’aurait imaginé souffrir autant mais jamais elle n’aurait imaginé être aussi heureuse !  Qu’en pensez-vous ?