En 1967 dans le Livre de la Jungle, Walt Disney marque des générations d’enfants et d’adultes quand le gros ours Baloo chante :

« Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Un peu d’eau fraîche et de verdure que nous prodigue la nature, quelques rayons de miel et de soleil. »

Une partie de nous, toujours enfant, voudrait s’attacher à cette vision si simple et naïve de la vie, avoir de la gratitude pour ce que l’on a serait si simple pour être heureux, et pourtant ? Comment peut-on continuer à croire que chasser les soucis et prendre la vie du bon côté est possible sans un pincement au coeur ? Soyons réalistes ! Est-ce bien raisonnable dans un monde où nous voyons tant de souffrances, d’injustice, de difficultés ! Il est cependant plus difficile de traiter le quotidien Le Figaro de doux rêveur quand on peut y lire le 14 mai 2015 : « Les bienfaits de la gratitude démontrés pour la santé. »

Psychologie Positive et Gratitude

patience-saint-françois-de-salesLes bienfaits de la gratitude ont été étudié en psychologie positive, discipline née en 1988 aux Etats Unis. C’est « l’étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir ». La plupart des chercheurs occupés par cette nouvelle discipline ont passé avant cela de nombreuses années à étudier les aspects négatifs de nos personnalités et considèrent que ce qui est positif vient compléter notre éventail de réactions sans chercher à remplacer à tout prix notre côté obscur.

Cette psychologie ne périme pas sa sœur aînée, elle vient simplement l’enrichir d’un œil neuf. Elle est basée sur des expériences scientifiques qui peuvent être reproduites, et c’est en cela que je l’apprécie car chacun est capable de se prendre en main pour changer s’il le souhaite. La gratitude est un sujet qui prend de plus en plus d’ampleur tant ses effets sur la santé psychique et physique sont nombreux tant pour soi que dans le milieu professionnel, familial, amical, social. On compte aujourd’hui plus de quatre-vingts études scientifiques sur le sujet. Se sentir reconnaissant déclenche une sécrétion de dopamine, le neurotransmetteur du bien être et câble le cerveau d’attentes sociales positives. La vie avec soi, autour de soi et avec les autres retrouve de la saveur ! Plus je suis reconnaissant, plus les forces de la vie s’activent !

Une véritable discipline

gratitude-pas-à-pasChristophe André, psychiatre rappelle que c’est une véritable discipline qui nous aide à mieux affronter les problèmes. Il rappelle que :

  • On peut influencer notre niveau de bien être subjectif selon les efforts que nous faisons ou que nous ne faisons pas.
  • Cela nécessite un entraînement régulier, comme n’importe quel apprentissage : faire des exercices pour s’entraîner au bonheur est nécessaire sinon ce serait comme décider de jardiner en regardant des graines.
  • Ces micro-exercices répétés modifient progressivement et à long terme nos câblages donc nos automatismes cérébraux. C’est désormais prouvé par les recherches sur la neuro-plasticité du cerveau. Il faut un minimum de 21 jours pour changer une habitude, c’est pourquoi tenir un carnet de gratitude peut vous aider à changer un peu tous les jours.
  • On ne peut pas se forcer à  positiver ce serait contre productif. Il s’agit de vivre de plus en plus souvent des émotions positives et apprendre à laisser passer les émotions négatives sans se figer.
  • Bonheur et bien-être sont aussi affaire de conscience et de présence. Etre présent à son corps et à son esprit est indispensable… Prendre soin de soi aide nécessairement à prendre soin des autres.

Robert Emmons, pionnier de la gratitude

Robert Emmons, un chercheur américain a depuis vingt ans un unique sujet de recherche : la gratitude. Il a multiplié les études sur des groupes test et parfois sur plusieurs dizaines d’années pour en mesurer les effets. Avec son collègue Michael McCullough ils ont fait appel à plusieurs centaines de personnes divisées en trois groupes. Le premier tenait le journal de ses expériences quotidiennes; le deuxième, seulement des expériences désagréables; tandis que dans le troisième, chacun devait dresser la liste des événements dont il pouvait être reconnaissant. Dix semaines plus tard, ce dernier groupe présentait l’état général le plus positif, enthousiaste au quotidien et optimiste sur l’avenir. Mieux encore : ce groupe signalait moins de soucis de santé et pratiquait davantage de sport pour prendre soin de leur corps. Robert Emmons a aussi constaté une baisse du niveau de stress, une meilleure qualité du sommeil, une plus grande détermination, une performance accrue et une chute du risque de dépression.

miracle-einsteinS’ouvrir à la générosité et aux bienfaits de la vie est un exercice qui alimente un cercle vertueux plus nous le pratiquons, plus c’est facile de trouver des raisons de nous réjouir, plus nous sommes disposés à accepter les autres comme ils sont et à générer de l’appréciation autour de nous.

Je pense que redécouvrir la gratitude est un travail de guérison. Pas uniquement ma propre guérison mais une guérison de la vie. De la vie souffrante, de la vie qui ne voit plus combien c’est un miracle de vivre ! La gratitude c’est retrouver de la beauté, de la bonté et de la joie en accueillant pleinement la vie telle qu’elle s’offre à nous et telle que nous la créons.

Les nombreux bienfaits de la gratitude :

  • Vous dormirez mieux et vous réveillerez serein
  • Vous découvrirez la beauté du silence et de la vie spirituelle
  • Vous accepterez la vie comme elle se présente
  • Vous traverserez les émotions paisiblement
  • Vous serez plus joyeux et plus humble
  • Vous apprécierez davantage vos proches
  • Vous écouterez et communiquerez autrement
  • Vous améliorerez votre santé ou vous guérirez plus vite
  • Vous travaillerez mieux et même en chantant
  • Vous deviendrez une source d’apaisement
  • Vous rayonnerez par votre sourire et votre rire
  • Vous traverserez les épreuves avec confiance

Alors qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Que retenez-vous à mettre en pratique maintenant ?