Marre des disputes ? Le meilleur outil pour construire une relation respectueuse. C’est un outil fabuleux : le deuil des attentes ! Pas de panique ! Geneviève et Luciane du blog En couple Simone nous explique pas à pas comment avancer ! Merci pour ce bel article invité !

Célibataires, attendez ! Tout ce qui est dit est valable pour tous. Nous avons choisi de parler de cet outil appliqué à la vie de couple, mais il est utilisable dans toutes nos relations ! Et si je n’ai pas encore rencontré l’homme de ma vie, l’intégrer aujourd’hui dans ma vie n’en sera que profitable quand cela se réalisera.

« Deuil des attentes » ?

Eh oui, à partir d’aujourd’hui, je n’entretiens plus d’attente non dite envers mon homme, ma femme uniquement parce qu’il, elle serait en couple avec moi. Je fais le deuil d’avoir facilement les choses, de ne pas avoir à demander. Je sors de ce confort mortifère de croire qu’il devrait prendre les devants, deviner, proposer lui-même… Il, elle ne me doit rien.

Car tout ce que l’un ou l’autre fait, c’est un cadeau pour notre couple. Alors, je peux dire ma gratitude, le remercier, lui donner de la reconnaissance, lui signifier combien il est important pour moi… voie royale pour construire une relation respectueuse et secret des couples qui durent.Si je refuse de faire ce deuil de mes attentes ‒ dont le plus souvent je n’ai même pas conscience ‒ je risque d’avoir tellement de rancune et d’avoir accumulé tant de reproches, que je vais me réveiller un matin en constatant que mon couple n’est plus ce qu’il était, sans que je m’en sois rendue compte.

ouvrir-son-coeurMais alors, comment j’obtiens ce que je veux de mon homme, qui n’est pas toujours très motivé ?

Attention, je ne parle pas ici de manipulation de l’autre, où je chercherais à le faire entrer dans mon désir.

Eh bien, je fais des demandes ! sans tourner autour du pot, en utilisant la bienveillance et la délicatesse que j’aurais pour ami ou un inconnu. Il ne me doit rien, donc il n’a pas non plus à deviner ce que je veux qu’il fasse pour me rendre service ou pour me montrer son amour. J’oublie l’idée que, parce qu’il m’aime, il devrait savoir, prendre des initiatives pour la maison, pour notre couple, pour les enfants…

Voici quelques portes d’entrée :

  • Découvrir son langage de l’amour (et le mien, au passage) : par exemple faire l’expérience de donner une parole valorisante par jour. En remplissant le réservoir amoureux de mon homme, il sera plus disposé à me donner à son tour à contribuer aux besoins du mien.
  • Prendre un temps avec lui pour répartir entre nous les taches qui concernent notre vie commune.
  • Apprendre à parler à la première personne et renoncer pour toujours aux reproches déguisés qui commencent souvent par des “tu…” qui tuent ! (bon, j’évite autant les “je me sens ignorée” qui interprètent le comportement de l’autre).
  • Pratiquer la Communication Non Violente, en me donnant les moyens qu’il faut, comme je le ferais si j’apprenais une nouvelle langue : choisir un livre de référence, côtoyer des personnes rodées, l’appliquer sans délai avec mon entourage.

Quand j’étais petite, je manifestais par un pleur ou par une grimace que je n’étais pas confortable et ma mère devinait si j’avais faim ou soif. Ce qui était sain et naturel au début de mon existence a tourné à la dépendance quand elle a continuéà agir de la sorte avec moi. J’ai intégré cette vérité : si l’autre m’aime, tout comme ma maman, il devrait deviner mes besoins et mes désirs. En gros, il devrait savoir. Eh bien, non ! car c’est la porte ouverte à toutes les tensions et les disputes.

Alors, au lieu de vibrer avec ces multiples attentes qui deviendront vite des reproches de plus en plus amers, je renonce à cette posture de victime et je me positionne en femme autonome. Si je veux quelque chose, désormais je fais une demande. Personne ne me doit rien, je me prends en charge et je suis responsable à 100 % de mon existence et de mes besoins.

Pour illustrer : négocier plutôt que bouder

Samedi dernier, mon mari est sorti avec ses amis et ce samedi qui vient, je suis invitée par mes copines. Donc, c’est tout de suite évident dans mon esprit : c’est à lui de rester avec les enfants pour que je puisse sortir à mon tour… Or, il m’annonce en début de semaine qu’il ressortira samedi jouer au foot !

Mon premier réflexe : je boude et je me dis, ce n’est pas juste, il devrait rester avec les enfants aussi, la semaine dernière il est déjà sorti, toussa toussa. Le petit vélo se met en marche dans ma tête, je vais lui faire le reproche de ne pas penser à moi, de ne pas m’aimer, car s’il m’aimait il ne serait pas si égoïste, etc. Oui, nous avons pris ce mauvais penchant enfant et nous ne nous en rendons le plus souvent même pas compte. Mais cela risque de nous coûter cher : nous allons user, même détruire à la longue une relation en enfermant l’autre dans un principe où il aurait « obligation de » juste parce qu’il m’a épousée !

C’est certainement dur à entendre, pourtant, j’ai plutôt intérêt à cultiver ma créativité pour trouver des options alternatives :

  • lui demander de rester à la maison cette fois-ci pour que je puisse sortir,
  • m’organiser pour confier les enfants à une voisine, à une copine, à ma sœur.
  • lui proposer de payer tous les deux une baby-sitteur pour que nous puissions sortir l’un et l’autre.

vision-binaireIl y a aussi les reproches quand je projette sur l’autre mes frustrations

Je l’accuse de mauvaise volonté, de manque d’attention ou de considération, je trouve normal qu’il soit obligé de me prendre en charge, qu’il fasse autant que moi à la maison, qu’il m’accompagne à des endroits qu’il déteste parce que ce serait son devoir de m’accompagner… mais sans poser ma demande explicitement, j’attends qu’il devine.

Et je peux regarder aussi quelles sont mes attentes sur lui pour ce qui concerne la question de l’éducation des enfants, les relations avec ma famille, ma belle-famille, etc.  Tous ces domaines que je n’investis pas en tant que femme adulte et où je veux qu’il fasse pour moi, un peu comme une petite fille ou même sa fille.

Vous n’avez jamais été choqués par ces couples où la femme appelle son conjoint “Papa” ? Oui, il est le père de mes enfants mais tout à coup, il devient le mien aussi : confusion de place et rôles inversés !

Le deuil des attentes est un concept qui me sert de garde fou dans toutes mes tentatives de manipulation sur mon homme.

Le sens inverse marche aussi : je peux m’engager avec un homme qui pense que parce que je l’ai choisi que je lui devrais des comportements, des initiatives, des mots, des attitudes quant à la tenue de la maison, la responsabilité de l’éducation des enfants, les courses ‒ si le frigo est vide c’est forcement de ma faute. Or, s’il n’y a pas de demande explicite ou un accord entre nous sur les taches de la maison, nous revoilà dans les attentes !

Mais ce n’est pas pour autant que je vais m’auto-flageller !

Apprendre à demander à l’autre, reconnaître mon conjoint ne me doit rien, me conduira naturellement vers un comportement plus respectueux, vers une relation plus durable et saine. En m’interdisant les reproches, j’évite le risque d’user mon couple. Je gagne en maturité en faisant la démarche de donner des signes de reconnaissance s’il a fait quelque chose, je sais que c’est un geste de générosité, et je peux même décider d’aller vers une forme de GRATITUDE dans mon couple…

Et vous ? comment le deuil des attentes vous a aidé ? Contribuez à la santé d’autres couples en partageant votre témoignage !