Je suis né à Genève, en Suisse, et mes ancêtres viennent des hautes vallées de Savoie en France. Je vis maintenant dans les plates plaines boisées du Michigan aux États-Unis d’Amérique. J’ai 40 ans et j’ai désormais vécu plus de la moitié de ma vie loin des montagnes. Mais cela n’a pas effacé ce que les montagnes signifient pour moi. Je suis un adepte de Jésus-Christ, et par mon baptême un fils du Dieu Vivant, , Celui qui a fait toutes les montagnes et toute la création. Dans la Bible, les montagnes ont une place proéminente. Ce sont les lieux où Dieu se révèle à l’homme, où Dieu décide d’établir sa demeure sur terre (Ancien Testament) ; et aussi les lieux où les moments les plus significatifs de la vie de Jésus ont pris place (le Mont Thabor, le Mont Sion – également connu comme étant le mont du Temple de Jérusalem, le Mont des Oliviers, et la colline du Calvaire). Symboliquement, dans les Psaumes et d’après les Prophètes, les montagnes sont un signe de la puissance de Dieu et l’endroit où on peut le trouver et l’entendre.

Les montagnes signifient énormément de choses pour moi, personnellement. D’abord et avant tout, les montagnes sont pour moi un endroit de gratitude et de reconnaissance. Retourner à mes montagnes ancestrales de Savoie est presque toujours un pèlerinage qui me mène à énormément de gratitude : qu’il est bon de revenir chez soi, de rendre visite à ma famille, de retrouver les sommets familiers de mon enfance ! Les Alpes en particulier et les montagnes, plus généralement, sont devenues l’endroit où je peux éprouver à nouveau et me rappeler le travail de façonnement que Dieu a fait dans ma vie.

Les montagnes sont également un endroit pour de la bonne camaraderie et de l’amitié. Au cours des années, combien d’ascensions ont abouti à des conversations intimes à propos de la vie et sur le sujet de Dieu ! Tous les deux ans, un de mes chers amis lui aussi frère de la communauté religieuse à laquelle j’appartiens me rejoins pendant ma visite au pays natal. Notre temps ensemble est toujours l’occasion d’un profond renouveau de notre amitié et d’échanger sur les myriades de bonnes choses que Dieu nous a donné depuis la dernière fois où nous nous sommes revus. J’ai emmené des jeunes gens avec moi lors de voyages par la route dans les montagnes d’Amérique et ce furent des occasions mémorables de remplir mon cœur de gratitude. L’un de ces hommes, que j’ai eu l’occasion de bien connaître lors de deux longues traversées des Montagnes Rocheuses Américaines m’a récemment demandé de devenir le parrain de sa première fille.

paix-sourire-mere-teresaIl y a vingt ans, mes retours à la maison au milieu des montagnes étaient l’occasion de gratitude devant la splendeur et la majesté du travail créateur de Dieu à composer de si beaux panoramas. La taille gigantesque, la couleur et la variété de ces massifs de terre et de rochers saisissaient mes regards et m’amenaient à adresser de ferventes prières de reconnaissance à l’Auteur de tels chefs d’œuvres artistiques. Pendant un de ces premiers voyages, après l’une de nos randonnées, mon beau-frère partagea avec moi l’expérience spirituelle significative qui l’avait touché au sommet d’une montagne : tandis que la plupart d’entre nous piqueniquaient en parlant de la gloire de Dieu qui se manifestait en dessous de nous, il eut l’impression que Dieu lui disait que Son amour pour nous était encore plus grand que ce qui se manifestait dans sa création. Dieu nous voyait comme le couronnement de sa création, quelque chose de bien plus précieux que ces montagnes et vallées. Cet échange qu’il a eu alors avec moi m’est souvent revenu à l’esprit au cours des années : j’y perçois comme un clin d’œil de la part de Dieu entrouvrant le mystère de l’amour que qu’Il éprouve pour nous – comment cet amour pourrait-il être plus glorieux que les montagnes qui sont si spectaculaires ? Et pourtant, c’est aussi l’une des gratitudes que j’éprouve : car Dieu nous veut plus d’amour qu’Il n’en donne à ces hauteurs !

Ces dernières années, mes voyages dans les montagnes sont devenus plus de l’ordre contemplatif, et j’en suis là aussi plus reconnaissant. Le silence de l’air et de la nature en montagne, l’apaisement après une ascension baignée de beaucoup d’effort et de sueur, le spectacle apaisant de toutes sortes de fleurs et d’insectes qui ornent la montagne de tant de beauté, le contraste saisissant du rocher et de la glace en altitude, quand on dépasse la ligne de végétation, tout cela amène en moi un profond désir de dire merci pour mon corps et pour mes sens qui me permettent d’apprécier tout cela. La joie de tant de bonheur me fait quelque fois chanter à tue-tête : et c’est la gratitude qui est alors ma plus proche compagne en de tels moments.

Merci à Nicolas pour ce beau témoignage…

Quand vous sentez-vous dans une douce et forte gratitude ?