Voici le premier article d’un ami Jean-Christian qui partage comment il se dépasse pour aller vers les autres ! Gratitude !

Qui sont ces autres ? Je vais parler ici des personnes qui sont physiquement autour de moi. Pas de relation épistolaire, pas de coup de téléphone.

Pourquoi aller vers les autres ?

  1. Le partage. L’homme est un animal social, disait Aristote. Vivre en société c’est vivre à plusieurs, partager, échanger des informations.
  2. L’expérience. Elle est acquise par ma propre expérimentation, ou bien par l’enseignement de quelqu’un d’autre.
  3. Surmonter ma timidité. C’est un challenge pour les personnes comme moi, en partie dû à un manque de confiance en soi. Le but est d’apprendre à m’affirmer (m’affirmer et non pas m’imposer) face à l’autre.
  4. La curiosité. Qui est cet inconnu, cette personne en face de moi ? Que peut-elle m’apporter (expérience), que peut-elle me faire ressentir (émotions) ?

déclarerToutes ces raison partent de moi. Aller vers l’autre implique que j’ai déjà amorcé le trajet vers moi-même.

Comment aller vers les autres ?

Attitude mentale d’ouverture

Il faut vouloir aller vers l’autre, sans cela l’interaction ne sera pas sincère et n’apportera pas grand-chose. Je laisse faire, sans me forcer.

Sourire, ou attitude physique d’ouverture

Le discours et les mots prononcés ne représentent environ que 8 % de l’information échangée. Le reste est du non-verbal. Il est donc préférable que le corps soit en harmonie avec l’esprit. Le sourire est le début de la discussion, avant même que le premier mot soit échangé.

Prétexte pour entrer en conversation

Là, je n’échappe pas à l’observation et l’écoute préalable de l’interlocuteur. Je peux rebondir sur certains détails. Je vais donner deux exemples.

Au restaurant, à Grenoble, la tablée à côté de moi fêtait les 20 ans de leur fille. Celle-ci a reçu entre autres en cadeau un coffret de manucure. Le père s’empare d’un flacon de vernis à ongles coloré et tend sa main en plaisantant « je ferais fureur avec ça ». J’interviens à ce moment-là, avec un grand sourire « Je reviens de Paris, vous auriez fait un tabac là-bas, dans le Bois de Boulogne ». Mon sourire invitait à la discussion, l’humour de ma remarque a produit un écho positif chez cet homme. Il a accepté mon invitation à discuter, et j’ai même pu goûter au gâteau d’anniversaire !

Dans le métro, une personne scrute le plan devant moi. Je lui propose mon aide pour l’aiguiller et trouver son chemin. Elle accepte. Pendant que nous faisions un bout de chemin ensemble, j’identifie un autre prétexte de conversation : son statut de touriste (que je suppose car la personne n’est visiblement pas familière des transports en commun de la ville) : d’où elle vient, pour combien de temps elle est là…

partagerImportant !

Une conversation, c’est à deux ! J’invite l’autre à entrer en relation avec moi, et je l’autorise à refuser. Cette personne pourrait être préoccupée et ne pas désirer sortir de ses pensées, elle pourrait ressentir cette invitation comme une agression par un inconnu, je vous laisse imaginer d’autres causes possibles.

Je dois respecter cette autre personne. Entrer en lien avec un inconnu suppose un minimum d’empathie, et accueillir l’autre dans toute sa différence. Par exemple, et là je m’adresse aux hommes, très régulièrement les femmes se font draguer dans la rue, essuient des regards déplacés, parfois des remarques grossières, et surtout dans une grande ville. Selon votre manière de l’aborder, vous allez vous retrouver classés dans cette catégorie « dragueur de rue » ou « agresseur potentiel » alors que votre but n’est pas du tout celui-là.

L’empathie et le décodage de la raison du refus de l’autre d’entrer en conversation sont fondamentaux. Et gardez en tête que le but de cette démarche est d’aller vers l’autre, pas d’obtenir une réaction favorable de cette personne !

Un dernier mot

Aller vers l’autre, c’est d’abord aller vers soi. Puis reconnaître l’autre et l’accepter dans sa différence par rapport à soi. Et c’est aller vers cette personne aussi gentiment qu’on est allé vers soi-même.

Et vous, quels sont vos petits pas ?