Maila c’est le sourire, un mélange doux et explosif de joie et de bonne humeur ! Plus la vie avance plus elle est dans la gratitude ! Sa vie est un roman, la croiser est une chance. Elle tient aujourd’hui un petit hôtel à Goa avec son mari Rachid qui est indien.

Du Canada à l’Inde, le grand départ

Je suis partie pour la première fois en Inde en 1996, irrésistiblement attirée par ce pays. Pourtant je n’aimais pas les gens qui en revenaient. Sur place j’ai été très choquée par la laideur, la pauvreté et les gens bizarres mais je suis tombée amoureuse de l’Inde malgré tout. Mais je suis retournée enseigner l’anglais à l’universtié de Montréal. J’avais une double vie d’artiste et d’enseignante avec une vie simple mais pas assez passionnante, alors je suis repartie. En 1997 je prends un « one way ticket » et un visa de 5 ans ! J’avais presque 40 ans et j’étais toujours libre, sans engagement familial.

On est très chanceux au Canada mais les gens sont souvent dans la plainte et la peur. Moi j’ai toujours dit « l’homme peut tout faire ! » Je suis positive de nature ! On est bénis, on a un corps magnifique et un cerveau en ébullition si on veut le voir !

Ashram attitude

Je suis arrivée par hasard dans un ashram pour me réfugier car j’ai eu une expérience terrible en arrivant. J’y ai vécu 9 ans et j’ai appris à servir les humains et à les aider sans penser à moi. J’étais là pour apprendre le sanscrit. J’ai appris à l’écrire, le lire, et j’aimais beaucoup tous leurs rituels. C’était l’ashram de Neemkaroli baba un guru connu et découvert par Richard Albert qui a écrit un best seller « Be here now ». C’était pas mon affaire, je n’ai jamais aimé tout ça.

J’ai étudié aussi avec un « petit saint » qui m’a beaucoup appris. Lui et ses moines ne parlaient pas anglais. J’étais comme un bébé qui a tout à apprendre, une sensation magnifique. C’était un recommencement.  Je faisais de la peinture et j’aimais ça…

Pour 200 dollars j’avais une sorte de bungalow et je pouvais faire la cuisine pour beaucoup de gens, je pouvais aider des enfants avec le petit déjeuner et on les incitait à aller à l’école.

Il y avait des veuves du Népal qui avait un petit village proche de chez nous sans eau potable et sans protection… On a beaucoup fait pour elles.

J’ai fait des pèlerinages très difficiles et j’ai fait celui au mont Kailas que rêverait de faire tous les indiens. Je n’avais jamais penser faire tout ça. Ca m’a fait réaliser que je suis très privilégiée et chanceuse, du coup j’ai pris conscience aussi de mes responsabilités pour donner au monde.

Les pauvres m’ont ouvert les yeux ! Si on se met à leur place, ce n’est pas facile d’être pauvre et de recevoir. Une fois une famille pauvre m’a offert tout son repas du jour, eux n’avaient rien et moi je mangeais devant eux mais ils étaient tellement heureux… Il faut avoir la sensibilité et accepter de recevoir des autres même pauvres. C’est un chemin de vie…

Etre mère avec le coeur

Je n’ai jamais voulu avoir d’enfant, c’est un choix mais je suis mère pour plein d’autres enfants que j’ai aidé. Je vais te raconter l’histoire d’une fille qui est venue chez nous. Elle était sur la plage… et n’allait pas bien. Elle avait 25 ans très troublée avec très peu de choses sur elle, perdue, sale.

Je l’ai approchée, elle était mexicaine et parlait espagnol… Elle était venue pour prendre des cours intensifs de yoga mais quelqu’un avait du lui donner une drogue très forte. Je lui ai donné des vêtements, une hutte pour dormir, à manger. Mais j’ai vu que son passeport expirait bientôt. Elle allait et venait, disparaissait et revenait toujours droguée. On a pu appeler sa soeur au Mexique qui était très inquiète sans nouvelle. Elle est venue la chercher, son père pleurait de gratitude au téléphone quand on l’a retrouvé. Elle s’en est sortie. Elle fait maintenant plus de bien pour les autres et c’est magnifique.

J’ai pris soin d’elle juste parce que c’est la fille de quelqu’un et qu’elle avait besoin d’aide, c’est tout.

Nos amis se sont fâchés parce qu’on était moins disponibles pour eux, j’ai toujours du mal à comprendre. Je peux faire ça car je n’ai pas de famille à moi donc je suis moins impliquée donc plus libre pour aider les jeunes à se reconstruire.

« Just married » or  Rachid forever !

En 2004 j’ai épousée Rachid du Cashmire. Je l’avais rencontré en 2001. Rachid a quitté sa famille a 10 ans pour être « home boy ». Comme beaucoup d’enfants en Inde, il s’est débrouillé pour trouver du boulot là où il pouvait….  Il peut tout recommencer partout avec le minimum, tout est possible avec lui car il a ce don et sa générosité déborde, les gens adorent ! Ensemble on a monté plusieurs petits hôtels, on repart de zéro quand c’est nécessaire et tout est toujours beau. On travaille beaucoup mais avec le coeur alors ça change tout.

Quand on aime et qu’on aime vraiment il y a beaucoup de pouvoir pour faire revenir ceux qui partent. C’est le cas de Raju qui est arrivé à 14 ans chez nous et qui est devenu cuisinier car il aimait ça même s’il était un peu handicapé. On l’a toujours encouragé et il nous a suivit dans les différents lieux que l’on a tenu. Il a eu de sérieux problèmes avec l’alcool… et il a disparu pendant un an puis est revenu. Aujourd’hui il est marié et a un enfant, c’est merveilleux, c’est le pouvoir de l’amour… Ce qui me met dans la gratitude c’est ma santé mentale et physique. Je remercie chaque jour d’être là et en forme.

Ce témoignage me met dans une immense gratitude, et vous ?