Je crois de plus en plus que je rencontre les bonnes personnes au bon moment. Lou Divine me conforte dans cette croyance… et je suis sure que ce portrait est le début d’une belle amitié. Elle nous fait comprendre par son parcours combien il est important d’être soi même et de donner ses talents au monde ! Gratitude !

De Sciences PO à « j’ai PO de chance »

Je suis d’une famille socialo-bourgeoise où c’est important de réussir. Adolescente, j’ai été très mal dans ma peau alors je me suis réfugiée dans les études, j’ai été très scolaire. Que ce soit par conformisme familial, par l’envie / le besoin d’être reconnue (je voulais être une grande intello !), ou à cause de mon mal-être, je suis rentrée dans le moule très vite. Dans les sciences sociales, la matière que je préférais était celle que je trouvais la plus concrète, la plus proche de l’homme et de la femme : l’histoire. J’ai fait Sciences Po. Plusieurs fois, alors que je réussissais bien et que j’avais la possibilité de pousser mes études, j’ai choisi de ne poursuivre : non à la 3ème année de prépa alors que j’avais été admissible à l’ENS Lyon, non à l’année ou aux 2 années d’agreg en histoire où j’avais peur de vivre comme un rat de bibliothèque et de déprimer de vivre enfermée alors que j’avais majoré avec mon mémoire de recherche dans ma promo… Je voulais vivre. Et puis je trouvais que le monde de la recherche était très aigri, pas du tout épanoui et heureux… Jeune diplômée, je suis partie en Australie faire des choses avec les mains. Plusieurs petits boulots manuels, ça m’a un peu appris la vie… et je suis rentrée avec l’idée que l’important c’est le « voyage intérieur » plutôt que les voyages loin à l’étranger.

Boulot Métro dodo c’est mourir à POtit feu

boulot-pas-tropDe retour à Paris, j’ai travaillé dans l’univers des études marketing… j’ai souffert du manque de sens (passer mon temps à faire des analyses sur les yaourts, les produits vaisselle, les lardons et j’en passe, j’ai fini par craquer !!), de la contradiction avec mes valeurs et de l’absence de liens à cause du digital qui crée un sentiment d’urgence et de stress immense. Pour le dernier institut je bossais de chez moi et j’avais très peu de contact humain, je ne supportais pas et j’ai fait un burn out.

J’ai compris l’importance de l’humour et de la légèreté qui était indispensables pour moi dans le boulot avec mon 1er chef. Les autres étaient moroses et rigides et j’en ai beaucoup souffert. Je travaillais beaucoup mieux dans le rire et la liberté. Enfermée dans un cadre cela me faisait mourir. Etre trop sérieux au boulot, à quoi ça sert ? On peut bien faire son boulot en rigolant… Moi je mourrais à petit feu. Heureusement en parallèle je faisais du théatre et du clown. Dès que j’ai commencé à bosser j’en ai fait. Après le théatre le clown a été une révélation.

PO PO PO… le rire POssible !

Avec le clown, j’ai découvert la jubilation du corps, je ne la vivais pas du tout avant dans les sports où j’étais plutôt dans la performance physique, mais pas dans le plaisir simple et doux de bouger mon corps, à l’écoute de mes sensations.

La redécouverte du merveilleux avec ce regard du nouveau né pour qui tout arrive comme si c’était la première fois est jubilatoire. C’est le jeu à l’état pur, dans l’impro il y a juste à être. Apprendre un texte et jouer était plus fastidieux, le clown a libéré de nouveau l’enfant rieur et drôle que je n’avais jamais vraiment laissé s’exprimer.

J’avais juste à être là, et les premières fois c’était délicieux. Je prends ce qui arrive et rebondis en fonction des réactions et de ce que j’entends. En fonction de ce qui se présente je suis en réponse à ce qui est. Je me livre telle que je suis avec mes travers et mes défauts,  j’ai souvent envie de réussir mais si j’échoue et si je l’avoue cela devient très drôle.

Très vite je me suis dit « la vie elle est là ». J’ai fait l’expérience de construire un spectacle constitué avec des numéros avec des semi pro et on a fait une tournée en Bretagne. Une très bonne expérience, mais des conflits, des enjeux d’ego forts et aussi une petite voix qui me disait : « tu ne vas pas réussir à en vivre. » Je n’ai pas eu envie de « faire une carrière » dans le clown ! Et aussi quand on construit un numéro, il n’y a plus le même plaisir qu’en impro, c’est très dur de rester naturelle et de retrouver cette candeur et de la transmettre.

Pestacle et burn-out

La construction du spectacle, c’était en même temps qu’un burn out… dû à mon boulot dans le marketing. Mon médecin m’a arrêtée… Je n’en pouvais plus, je craquais nerveusement. J’ai tout lâché, même la construction du spectacle qui me tenait tellement à cœur. Je suis alors partie chez ma grand-mère en Bretagne pendant un mois. Pendant deux semaines je n’ai fait que me reposer. Or, le fait de tout lâcher m’a permis de retrouver des forces assez vite et je suis retournée vers le spectacle !

Ce burn-out s’est juste déclenché par un doigt cassé. Extérieurement, ce n’était pas grand-chose, sauf que j’ai vraiment ressenti que tout mon corps pouvait se fissurer… que la mort était possible. Le choix de dire « non au passé » et puis « oui à la vie » s’est imposé. En août 2012 j’étais enfin au chômage et j’aspirais profondément à une vie qui me corresponde.

C’est si con et si bon !

ouvrir-son-coeurJ’ai découvert l’école du rire. J’ai eu des jugements hâtifs… quels sont ces cons qui se marrent ?! Des dépressifs ?! Une ancienne prof de prépa reconvertie dans le coaching en avait fait l’expérience et en vantait les mérites sur son blog, ça m’a ouvert la voie. En septembre je faisais un premier stage. La première expérience d’une semaine a été géniale. Le stage de rigologie c’était du jeu et du rire.

Les échauffements collectifs, je connaissais déjà dans les cours de théâtre et de clown. Cela a été une révélation de ne faire que ça ! Je trouvais ça si con et si bon : c’est un moment qui nous libère et où on retrouve son âme d’enfant. Pas de pression, pas d’enjeu de performance : on n’a pas besoin de savoir jouer pour jouer. Tout le monde peut jouer, tout le monde est acteur. Jouer au chat et la souris tout le monde sait faire (hein ?!), et au moment où l’on se lance on s’ouvre de plus en plus aux autres et le jeu amène au rire qui ouvre les coeurs. La jubilation de l’enfant retrouvé est extraordinaire. Je veux que les gens soient acteurs et vivent ça dans leurs tripes….

Pêche ton bonheur ! Oh oui !

 J’ai créé « Pêche ton bonheur », j’ai animé des ateliers…Je suis passée dans un reportage au JT de France 2, « le rire pour les cadres », et ça m’a fait décoller pour ma première grosse intervention.

C’est MMA qui m’a fait confiance en 1er, j’ai animé dans un séminaire de Direction pour 120 personnes. C’était un gros challenge car jusque-là j’avais juste animé des ateliers pour des petits groupes (5-20 personnes). Je ne voyais comment j’allais pouvoir réussir à faire jouer 120 personnes, à les faire se lever dans un contexte où elles sont spectatrices etc. Il y avait 2 risques. D’abord que je sois trop sérieuse ; et que les gens ne réagissent pas : le risque du flop !! Alors j’ai eu l’idée d’y aller en personnage décalé, parce que je voulais être dans un état de jubilation et de jeu pour transmettre l’envie de jouer. Je ne voulais pas non plus y aller en clown, parce que cette figure peut faire peur, le clown joker terrifiant, la moitié des gens gardent cette peur, il y a aussi le côté hyper ringard, et en plus on a l’habitude de voir les clowns dans un contexte où on est spectateur. Trop d’émotions, schémas, comportements sont inscrits dans l’ADN du clown. En 5 minutes, je ne peux évidemment pas changer ça !!

Donc j’ai créé mon personnage de Lou Divine. J’ai des couettes enfantines, je suis habillée de façon décalée, je n’ai pas mon nez rouge et ce n’est pas la caricature. C’est la tenue joyeuse qui suffit pour dire : on va s’amuser ensemble. Mon personnage engage tout de suite à l’action.
Comment est né le nom de Lou Divine ? Au cours d’une impro, un partenaire clown m’avait baptisée « Ludivine ». J’avais beaucoup aimé, alors je l’avais gardé. Et quand j’ai voulu reprendre ce nom pour MMA, un ami, toujours de très bon conseil, m’a dit : « mais non, pas Ludivine : Lou Divine ! » Ca coulait de source. J’ai tout de suite adoré ce nom de scène.

Aujourd’hui je développe les shows participatifs qui durent en moyenne 15 mn, pour les séminaires de cadres et dirigeants, les conventions, congrès d’entreprise. J’offre une respiration, j’offre du lien et je crée un moment positif et vivant. Etre dans les émotions positives est tellement bon surtout pour des cadres sup surbookés.

Et je me suis mise à la création d’un spectacle… participatif. L’avenir nous dira ce qu’il en est, il y a des hauts et des bas dans cette création, c’est difficile, c’est clairement un sacré challenge !!

J’ai créé ce qui me manquait le plus. Le jeu c’est ce que j’ai le plus besoin d’apprendre encore aujourd’hui. Même petite je ne jouais pas beaucoup. Je me suis enfermée dans le travail scolaire, c’était une échappatoire. J’ai toujours besoin de prendre la vie comme un jeu. Ca rend la vie plus légère… c’est un chemin….

Qu’est ce qui te met le plus dans la gratitude ?

bonheur-maintenantA la campagne je ressens une immense gratitude pour la vie. C’est une évidence ! J’adore désherber, je me connecte à la nature, au vivant, je suis ancrée et je respire du bon air. La vie est belle. Et je me pose pas de questions existentielles comme en ville.

En ville on a trop, ça déborde et le fait d’être dans le trop, d’être déconnecté de la nature me coupe de la force de la gratitude. On est dans une crise profonde : politique, économique, religieuse, environnementale… Il y a plusieurs choses qui m’angoissent : la pollution, la nourriture hyper intoxiquée, le risque nucléaire, le dérèglement climatique et j’en passe. L’angoisse, c’est celle de la fin de notre humanité, de notre planète que nous traitons comme une poubelle. Parfois je me laisse déprimer par tout ça, parfois j’accepte la mort, la mienne, celle de la planète… Cela fait partie de la vie : la naissance et la mort, la construction et la destruction. Sans destruction, pas de construction possible. Cette part destructrice fait aussi partie de moi. C’est dingue je sais, mais depuis peu, à chaque fois que je rentre au fond de moi-même, que je me mets en méditation, que j’accepte que tout cela fait partie de moi et vis ce que j’ai à vivre, j’en sors libérée ! Etty Hillesum est un sacré exemple de vie pour moi sur ce chemin, elle m’inspire beaucoup beaucoup.

En ville en plus, il y a plein de sources d’angoisse, et les gens se perdent dans le digital… si proches les uns des autres et si seuls. Le digital a créé une urgence, un stress permanent. En ville, on croule sous les distractions qui nous font oublier l’essentiel : la vie, la beauté et la simplicité de la vie, la joie, l’amour. Pour moi, le sens de la vie, c’est de la vivre. Et nous courrons tellement après le temps, l’argent, la carrière, que nous avons oublié de vivre. Je vous conseille d’ailleurs de lire « Le Papalagui », j’adore ce livre !!

As tu un message à transmettre ?

Jouez et retrouvez votre âme d’enfant c’est essentiel ! C’est un conseil que je me donne à chaque fois que je rencontre une difficulté ou que je suis dans la lourdeur, et… que je pense à me donner ce conseil !! : « Allez Louise, et si tu prenais ça comme un jeu, ce serait tellement mieux, tellement plus facile ». Si je suis ce conseil, je retrouve la légèreté et je suis de nouveau capable d’avancer.

Et puis c’est tellement bon de jouer et de faire n’importe quoi ! Vouloir faire les choses bien, qu’est-ce que ça veut dire ? Si on lâche un peu, la vie est tellement plus simple et plus belle ! Jubilation et joie intérieure ! Dans la pure joie d’être on est dans la gratitude !

Puisque ton blog est sur la gratitude, j’aimerais en profiter pour dire que j’ai une immense gratitude à l’égard de ceux que je rencontre et qui m’aident d’une manière ou d’une autre dans mon parcours de Pêche ton bonheur et Lou Divine ! Mes parents, mes frères, Anne et Valérie, Théo, et aussi Michel, Caroline, Thomas, Claude, Sophie, Philippe et plein d’autres… J’ai beaucoup de chance car sans eux il est clair que je n’en serais pas là. Et la dernière belle rencontre, c’est toi Claire ! J’espère que nous aurons d’autres occasions de reparler d’Etty Hillesum ! 

Retrouver Lou Divine sur Pêche ton bonheur ! Merci Lou, tu es vraiment divine !

En quoi ce beau témoignage vous fait grandir ?