Cultiver la joie et la gratitude, c’est ouvrir en son coeur un monde inexploré par beaucoup. C’est une véritable révolution, c’est accepter simplement d’écouter cette petite voix intérieure qui me dit : regarde comme c’est beau, réjouis toi !

Oui je suis une rebelle, et je chercherai toujours à voir, à vivre, à transmettre ce qui est beau surtout dans des périodes difficiles comme celle que nous traversons en famille. Dans l’accueil de ce qui est j’ouvre le passage d’une perfection à une perfection plus grande encore quelles que soient les circonstances de ma vie…  La décision c’est de choisir de choisir. Si je choisis de vivre, je deviens actif à l’intérieur de ma vie. Si je décide de m’ouvrir à la joie et à la gratitude je faix un très beau choix…

Un psychiatre pour la joie

J’ai eu la chance d’entendre Christophe André, ce grand psychiatre dont je vous parle régulièrement s’exprimer sur ce sujet de la joie. Voici ces propos :

« Etre ouvert à la construction du bonheur et de la joie est un sujet sérieux et tragique. Ce n’est pas un petit gadget ou un luxe. Ce sont des questions de vie ou de mort. Si nous n’avons pas la possibilité de la ressentir, alors à quoi bon vivre ?

En tant que médecin, je ne suis pas un spécialiste de la joie c’est plutôt le contraire. Avec trop de souffrance, la joie et le bonheur des autres est une autre souffrance, une injustice, une illusion. Très tôt j’ai compris que la joie et le bonheur ne viennent pas à moi de façon directe. Je savais cependant que j’en avais besoin sur le plan personnel.

Le symptôme de la dépression détruit toutes les émotions positives. Ce n’est pas un délire, c’est une part du réel. Nous naissons, nous souffrons, nous mourons. Les personnes dépressives voient la part du réel dans les aspects les plus sombres et les plus désespérants. La conclusion est que la vie ne vaut pas la peine d’être vécu.

Dans mon travail, je vais d’abord chercher à guérir ces personnes, en les aidant à moins souffrir. Mais c’est seulement la première partie. Certains retombent dans ces états. Je me suis donc penché  sur la prévention des rechutes. Il m’est apparu comme une évidence que l’estime de soi, l’équilibre émotionnel, la psychologie positive aident à retrouver ces aptitudes à ressentir du bonheur et de la joie.

Claudel nous éclaire

La joie s’accueille et le bonheur se construit. On peut faire des progrès en matière d’aptitude à la joie et au bonheur. La marge de manoeuvre de chacun est importante. L’être le plus souvent possible est une clé. Etre assez ouvert pour bénéficier des cadeaux de la vie une autre.

Claudel dit « le bonheur n’est pas le but mais le moyen de la vie ». Nous ne vivons pas seulement pour être heureux mais il nous dit que sans l’énergie du bonheur et de la joie nous n’aurons pas la force de le changer. Quand on arrive peu à peu à vivre et donner de la joie et du bonheur il n’y a plus que cela. »

Les 3 voies pour cheminer vers la joie

1) La voie facile : chaque fois qu’il se passe des bonnes choses, avoir l’intelligence de m’arrêter pour savourer

2) La voie intermédiaire : Lorsque la vie est plus terne, plus difficile, quand on est par exemple en conflit… l’effort consiste à se dire : ok il y a tous ces soucis mais ouvre encore plus les yeux. Rappelons ici l’habituation hédonique, on s’habitue à toutes les formes de bonheurs. On oublie le fait d’être vivant, d’être dans un pays en paix, d’avoir à manger. On devient aveugles et sourds sur le quotidien.

3) La voie exigeante : Ressentir de la joie et du bonheur au sein du malheur. Un patient m’a dit je ne suis pas mort de chagrin après la mort de ma femme, j’ai vécu avec elle en l’accompagnant des moments de bonheur comme jamais nous n’avions été heureux. J’ai connu au milieu de ce grand malheur des moments de bonheur et de joie intenses. C’est grâce à la thérapie et à votre équipe que j’ai pu traverser cela.

Sa vision personnelle

Pendant longtemps je me suis méfié de la joie. J’y voyais deux inconvénients : être naïf… je préférais ne fais essayer. Et elle me paraissait offensante. Mais c’est une émotion fondamentale. Elle met notre corps en mouvement. Je me méfiais car je trouvais que cela pouvait être une offense pour ceux qui étaient loin de la joie. Je préférai le bonheur qui était plus un sentiment douceur sérénité calme plus pausé.

La joie est plus expressive. J’ai trois filles et l’une est profondément joyeuse. Elle me met toujours de bonne humeur, en l’observant j’ai compris que c’était une force. ll faut mieux être joyeux et déçu de temps en temps, que faire la gueule tous les jours. C’est une force pour faire face aux difficultés. J’ai aussi compris que la joie est contagieuse et nous guérit. Tôt ou tard on va être les bénéficiaires de la vie des autres. Cela fait partie de mon devoir pour moi et pour les autres. »

gratitude-dette-joyeuse

Comment souhaitez vous faire grandir en vous ces belles émotions ?

J’ai de la gratitude pour ceux qui m’ont appris la gratitude, j’ai de la gratitude pour ceux qui m’ont appris la joie ! La joie et la gratitude font fleurir la vie en nous, elle provoquent cet élargissement du coeur si bon et si doux que l’on souhaite les faire grandir en nous.

« La gratitude c’est un sentiment de dette joyeuse. »André Comte Sponville

C’est que ce nous explique très bien un autre philosophe que j’ai rencontré et qui m’avait amusé avec son bel article : Gratitude et Carambar ! Si vous êtes curieux allez le lire …