J’ai appris la mort de Mandela, le jeudi 5 décembre 2013 au soir, vers 22 heures à la fin d’un concert soul que nous donnions avec huit autres chanteurs et trois musiciens.

J’ai spontanément dit « on a chanté pour lui ! » Cette phrase peut vous sembler curieuse, mais j’étais heureuse de savoir que nous avions donné le meilleur de nous mêmes, alors qu’il partait en paix après tant de luttes et de combats !

Humilité et gratitude

Ma première réaction comme celle de tant d’autres a été celle de la gratitude. La gratitude pour tout ce que Nelson Mandela a fait pour l’Afrique du Sud, et même pour le monde. Il incarnait l’humilité et la démocratie. Il a travaillé avec des hommes de toutes ethnies, de toutes races, de toutes couleurs.

Domisoul en concert

DoMiSoul en concert le 5 décembre 2013

Nelson Mandela a consacré la plus grande partie de sa vie à faire de l’Afrique du Sud une nation démocratique, non raciale et non sexiste. Il symbolisera toujours le leadership collectif, la réconciliation, l’unité et le pardon. 

C’est l’élément le plus important de son héritage politique, ce pourquoi il a sacrifié sa vie.

« Nous avons perdu l’un des hommes les plus bons, les plus courageux et les plus influents de l’humanité » a dit le président des Etats-Unis, Barack Obama, très ému. « Je ne peux pas imaginer ma vie sans l’exemple de Nelson Mandela », a t-il ajouté , en soulignant que le jour de sa sortie de prison Mandela « m’a fait comprendre ce que l’on peut réaliser lorsque l’on est guidé par l’espérance ».

Libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur

Après 27 années de prison, il écrit:

« Je savais parfaitement que l’oppresseur doit être libéré tout comme l’opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l’étroitesse d’esprit. (…) Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission: libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. » (Autobiographie)

Ahmed Kathrada, ami de captivité dit:

« Je me souviens très bien de notre première rencontre, il y a soixante-sept ans, j’étais un simple collégien et il était à l’université. Il m’a parlé comme à un égal alors que j’avais onze ans de moins que lui. Parmi ses nombreuses qualités, il avait cette capacité à traiter ses interlocuteurs, quels qu’ils soient, de la même façon et à les mettre très à l’aise en sa présence. Nelson Mandela se distinguait par son assurance et sa largeur d’esprit. Il faut se souvenir qu’il était issu d’une famille royale. Il ne considérait pas ses opposants comme des ennemis mais comme des rivaux politiques. Pendant les dix-huit années de prison que nous avons passées ensemble à Robben Island, avant d’être transférés dans la prison de Pollsmoor à Cape-Town, il a été pour moi une source constante de réconfort, d’encouragement et d’inspiration. »

Cet homme était un modèle

Fillettes  du Nord Darfour au Nelson Mandela's day

Fillettes du Nord Darfour au Nelson Mandela’s day

Mandela était chrétien, de l’église méthodiste, et sa foi l’a soutenu tout le long du combat. Il est resté très discret sur ce sujet pour ne pas froisser les sensibilités de tous ceux qu’ils rencontraient. Il a demandé lors de son mandat de président à toutes les religions « d’être la conscience de la société, le gardien de la morale et des intérêts des faibles et des opprimés ».

Mandela était un homme intègre et droit. Il n’inspirait pas seulement du respect. Il était respectueux avec les autres, et a essayé de transmettre cet état d’esprit pour que tous aient les mêmes chances dans la vie. Il est toujours resté d’une grande humilité, le témoignage du Cardinal Napier le confirme:

« Lorsque j’ai été créé cardinal, Nelson Mandela a essayé 6 ou 7 fois de me joindre par téléphone. Il n’a jamais abandonné. Quand je l’ai finalement rappelé et me suis présenté à lui, il a répondu : « Oh ! Quelle merveille lorsqu’un grand homme a le temps de rappeler un tout petit ! » C’était fantastique. Pour moi, cette anecdote est le signe de la grandeur de Nelson Mandela. Il  a toujours accordé une grande importance aux autres que lui. »

Mais ce qu’il disait dans ses mémoires que ce qui le gênait le plus, c’est d’être décrit comme un saint alors qu’il n’était qu’un être humain avec les faiblesses d’un être humain. Moi je trouve que c’est vraiment la signature d’un homme d’exception.

ADIEU Madiba !

Guide et protège ton pays et toute l’humanité vers plus d’amour et de fraternité, il reste tant à faire !

Et vous, qu’est ce qui vous pousse à agir pour un monde meilleur ?