Nous avons tous une mission de vie… Vaste programme ! Après des années de recherche et d’introspection, je pense que la mienne se résume à faire du bien autour de moi par le biais de l’écriture. En tant qu’écrivain public, je cherche à prêter ma plume à ceux qui éprouvent des difficultés à exposer leurs idées de façon claire, à argumenter un raisonnement, ou tout simplement à remplir un dossier administratif. En 2015, on aurait encore besoin d’écrivains publics en France ? Certes, même si l’illettrisme et l’analphabétisme ont malheureusement encore droit de cité, la majorité des personnes savent écrire. Cependant, il y a « écrire » et « écrire ». C’est en effet une chose de pouvoir énoncer en lettres manuscrites ou tapuscrites son nom et ses coordonnées, un message simple et même une rédaction scolaire ; mais c’en est une autre d’utiliser l’écriture et son pouvoir si bluffant pour exprimer des ressentis, relater une histoire, faire passer des idées de façon claire et précise. Parfois donc, même les plus motivés se heurtent au mur de leur maladresse rédactionnelle et ont besoin d’un « porte-plume » pour les accompagner et atteindre

reflexionEncore plus important, l’écriture recèle des vertus bien plus profondes que sa seule utilité pragmatique (remplir des papiers, envoyer des SMS, etc.). Tout d’abord, elle produit un effet thérapeutique exceptionnel. Si vous êtes fâché contre quelqu’un ou tout simplement énervé par quelque chose, il n’y a pas de meilleur punching-ball que cela ! Essayez, vous m’en direz des nouvelles !

L’écriture, c’est aussi l’une des portes d’entrée vers la créativité. C’est pourquoi j’aime animer des ateliers d’écriture. Il en émane une richesse infinie car on compte autant de réponses à une proposition d’écriture qu’il y a de personnes autour de la table !

L’écriture est enfin un moyen de laisser une trace. C’est pourquoi j’aime aussi écrire des biographies de particuliers. J’aide ainsi ceux qui se sentent incapables de coucher sur le papier leurs sentiments et le récit de leur vie, tout en en ayant une folle envie, voire un besoin irrépressible. Et pour aller plus loin, c’est en cela que l’expérience de biographe hospitalier, que j’aimerais un jour tenter, doit être à la fois fascinante et tout bonnement extraordinaire. Recueillir les souvenirs et les sentiments d’un malade en soins palliatifs ou en fin de vie, qui sait qu’il n’en a plus pour longtemps… Accueillir son besoin de transmission et l’aider à le réaliser, même après sa disparition, en partageant ce travail avec ceux qui restent… Voilà sans doute une aventure humaine à part.

Mon métier d’écrivain public et de biographe me permet de recueillir des souvenirs d’événements plus ou moins banals, plus ou moins tragiques, plus ou moins marquants.

Le récit qu’Alexia1 R. m’a confié entre septembre 2013 et février 2014 m’a bouleversée de par son intensité et l’horreur des faits relatés. Une histoire malheureusement pas si extraordinaire que cela : celle de violences conjugales avec plusieurs tentatives d’assassinat à la clé.

Tous les trois jours en France, une femme meurt sous les coups que lui assène son compagnon… Alexia, elle, a réussi à échapper à ce triste sort. Et même à jeter le monstre qui les avait terrorisées et martyrisées, elle et sa petite fille, en prison.

Mais à quel prix ! Mère courage, femme admirable, ma cliente n’a cessé de faire monter en moi la gratitude, au fil de nos séances de travail. D’abord, la gratitude de m’avoir choisie et de me faire confiance pour l’aider dans la douloureuse tâche qu’a été le récit de son calvaire. Ensuite, la gratitude de n’avoir jamais eu à subir les monstruosités dont elle a été victime, de vivre dans un foyer aimant,avec un conjoint équilibré. À chaque fois que nous nous quittions, je ne pouvais m’empêcher de remercier la vie de m’avoir épargnée. Puis encore la gratitude de voir le fruit de notre collaboration édité : Le tortionnaire de mon âme est paru aux Éditions Baudelaire en octobre 2014. Enfin, la gratitude de savoir que grâce à cette aventure éditoriale et humaine, Alexia a cessé de se sentir coupable de ce qui lui est arrivé. Désormais, elle sait qu’elle est une victime et reprend petit à petit confiance en elle. L’entendre me remercier pour cela, encore et encore, est un cadeau permanent. Cerise sur le gâteau, la vie lui sourit enfin de nouveau : elle devrait se marier bientôt avec Valentin, un homme doux qui l’aime profondément.

G_CougetAlors pour avoir été l’actrice et le témoin de cette histoire finalement pas si ordinaire que cela, je dis merci à Alexia et merci à la vie.

Pour me joindre : 06 81 99 22 26

Quels sont vos petits pas vers votre mission de vie ?