Article rédigé par Gaëlle Dobignard, des blogs attelage-facile et cheval-facile.

Une passion surgie de nulle part

J’avais tout juste 6 ans lorsque une passion dévorante pour les chevaux s’est fait  ressentir, sans que l’on puisse définir d’où elle provenait. Je pratiquais alors la musique et le solfège qui ne m’intéressait absolument pas. Il m’a fallu insister auprès de mes parents pour obtenir non seulement de me rapprocher des équidés, mais aussi de cesser l’activité musicale pour laquelle je n’étais pas du tout faite !

Poulains au pré

Poulains au pré

je m’aperçois très vite que  j’ai peur et que je ne suis pas douée. Marcher au pas représente déjà beaucoup d’efforts et de concentration pour rester en équilibre sur la selle. Les animaux sont drôlement gentils, car cela ne doit pas être amusant de trimbaler ainsi des sacs à patates sur leur dos ! Je m’en rappelle encore, comme si c’était hier ! Au moment ou le moniteur a demandé qui voulait trotter, j’ai été la seule à dire « non » ; ça commençait drôlement bien cette histoire ! Il a fait découvrir cette allure et ses secousses inconfortables individuellement, et tous, sans exception, ont hurlé de trouille. Puis il m’a demandé si je ne voulais pas essayer…alors je me suis lancée, car il n’était pas question de rentrer chez moi en disant que je n’avais pas voulu tenter quelque chose. Je n’ai pas crié, je n’ai pas eu peur, j’ai juste trouvé cela plus difficile que ce que j’avais imaginé.

Malgré ma peur, j’ai adoré et pendant une semaine je n’ai pensé qu’à Kerga, le premier grand poney que j’ai monté ! Malgré les appréhensions je n’avais qu’une envie : y retourner et apprendre. Et cela a duré des années…

Vers 11 ou 12 ans, j’aspirais a posséder un poney (ce dont il n’était pas du tout question), non pas pour faire des compétitions comme les copines,  mais pour lui apprendre tout ce que je ne trouvais pas dans les clubs hippiques : Je voulais qu’il sache me répondre, à différents codes, principalement vocaux. J’en avais même fait une liste, pour être certaine de ne pas en oublier. J’imaginais même que mon poney accepterait de me conduire sans que je ne lui pose une bride sur la tête, parce qu’on parlerait le même langage, lui et moi. Un peu comme dans le magnifique livre illustré de Crin Blanc. Voilà quels étaient mes rêves, il y a 30 ans.

La grande désillusion du monde équestre

Pendant des années, je n’ai pas appris grand chose des chevaux, en dehors des quelques lectures que je faisais à la maison ou à la bibliothèque. J’ai appris à grimper sur leur dos, à tenir dessus en toutes circonstances, et c’est à peu près tout. Jamais je n’ai appris comment vit cet animal qui me fascine, ce qu’il aime, et ce qu’il déteste, ce qu’il aurait envie de faire avec moi, etc. Et encore, j’ai eu la chance de passer quelques années dans un centre, où les chevaux vivaient dehors en troupeau toute l’année, et où l’équitation d’extérieur était de rigueur. J’ai randonné en bord de mer à chaque période de vacances, à tel point que mon rêve de cavalière, à moi, c’était de me balader à cheval dans la neige !! On souhaite toujours ce que l’on n’a pas…

Gaelle et Olivo

Gaelle et Olivo

J’ai donc érré  de club en club, car ne trouvant jamais ce que je recherchais. Je me suis posée quelques temps avec un moniteur, Pol, qui, bien que cavalier d’obstacles, travaillait beaucoup sur le ressenti de l’animal. C’est à ses côtés que j’ai fait mes débuts d’enseignante, et où j’ai alors réalisé que je préférai de loin, m’occuper des animaux, que des humains qu’il fallait leur mettre sur le dos. Je suis malgré tout partie en préformation pour le monitorat d’équitation, dans le nord Bretagne, dans une grosse structure. Là encore, je m’aperçois que je suis plus utile à pied et avec les chevaux difficiles, qu’au milieu d’élèves dans une carrière. J’abandonne à l’issue de la préformation, car je ne vois pas l’intérêt de passer deux années à préparer un métier qui ne me passionne pas. Je réalise que ce que j’aime c’est le cheval, et pas l’équitation, et aussi que la compétition m’attire, quelle qu’elle soit.

Premier amour et compagnon de vie

Je retourne chez mes parents pour faire des études, ce qui à 18 ans est mieux, paraît-il… Je trouve ma voie dans la comptabilité et la gestion ! Pour fêter mon baccalauréat avec mention, on m’offre un poney, mon premier poney. A cette époque là, j’ai arrêté l’équitation complètement, n’y trouvant pas assez de plaisir et de satisfaction. L’achat de Twist sera une belle erreur, comme on le fait tous lorsque l’on est pressé d’avoir son premier cheval. L’après midi même j’avais acquis ce poney. Il était délicat et je n’avais plus le niveau pour m’en sortir seule, correctement avec lui. En  moins de 13 mois je cumule deux entrées aux urgences avec à la clef fracture du bassin, puis trauma crânien sévère et fracture cervicale ; et deux voitures accidentées parce que Twist galope régulièrement seul sur les routes. Il est chouette mon poney !

Je passe de longs moments avec lui, dans le pré, à la plage, dans les bois, sur son dos, mais aussi à côté. Il va m’apprendre tout ce que je n’ai jamais appris dans les centres équestres : la relation avec l’animal et le bien être que ce dernier peut nous procurer. C’est moi qui me suis adaptée à lui, et non l’inverse, car il a un caractère plus dominant que le mien. Au fil des ans nous avons trouvé notre langage propre et nous avons réalisé des prouesses à notre niveau. Cela n’a pas toujours été facile, mais nous avions tous les deux un moral d’acier, malgré les épreuves rencontrées.

Trec attelé

Trec attelé

C’est aussi grâce à lui que je me suis retournée vers mes origines équestres à savoir l’extérieur, la promenade et la randonnée. J’aime parcourir la nature, découvrir de nouveaux paysages, déjouer les pièges topographiques des cartes IGN pas toujours à jour ! Et faire profiter les autres de tout cela est une évidence pour moi. Je deviens alors Guide de Tourisme Équestre, tout en conciliant une carrière sportive en TREC (Techniques de Randonnée Équestre en Compétition). Gagner les concours ne me satisfait que rarement, ce que j’aime c’est faire bien, c’est que mon poney soit le meilleur, par la qualité de notre prestation. Pour ce faire, il me faut revenir vers de l’équitation plus classique et traditionnelle, afin de progresser encore. Je pratique alors d’autres compétitions pour perfectionner la relation que j’entretiens avec mes chevaux.

Le cowboy qui va tout changer

En 2000, je fais une rencontre à Paris, qui va bouleverser ma vie et mon métier : un cowboy australien fait une démonstration époustouflante lors du traditionnel salon du cheval de décembre. C’est pour moi la révélation que j’attendais depuis si longtemps, et je vais aller me former pour acquérir une partie de ce savoir-faire qui me fascine : communiquer autrement avec les équidés, communiquer naturellement. Peu à peu, je découvre que ce dont je rêvais étant gosse existe et que bientôt je pourrais l’appliquer sur mes animaux pour en apprécier les résultats quasi immédiats avec certains d’entre eux.

Dans ma cavalerie, je n’ai que des chevaux et poneys avec un passé et un passif souvent lourd, dont je suis parfois la cause. Pour progresser encore plus il me faudrait un jeune animal, non manipulé, et voir ce que cette approche et méthodologie différente peut nous apporter. Les moments de doute et de remise en question sont fréquents, mais en valent la peine ! Au fil des mois et des années mon état d’esprit change et s’affine, j’intègre les enseignements pour les appliquer et les tester sur nombre d’équidés. Je peux enfin faire ce que j’aime : communiquer sereinement avec les chevaux, et obtenir d’excellents résultats à tous les niveaux. Je suis apaisée au fond de moi, et ravie d’orienter mon activité professionnelle vers l’éducation des poulains.

De la complicité au travail récompensé

Ecoute et respect

Ecoute et respect

En 2007 un jeune mâle non éduqué échappe à sa propriétaire lors d’une manifestation d’élevage, et me piétine. Je perds la mobilité de mon pied droit. Des années de soins et rééducation qui ne serviront pas à grand chose, puisque je ne peux plus exercer mes activités auprès des poulains en toute sécurité. Quel gâchis ! J’entreprends alors des formations en préparation mentale, puis en attelage et pédagogie appliquée. Je sais que j’ai encore matière à apprendre et que je pourrais ensuite transmettre tout cela à mes élèves. En 2011 mon centre équestre Équiland est alors l’une des meilleures structures françaises en terme de résultats sur les échéances sportives nationales et internationales : Trois titres nationaux glanés dans trois disciplines complètement différentes !! Et cela avec nos chevaux d’instruction, vivant dehors toute l’année, sans prétention et sans pédigrées !

Mon métier, mes chevaux et mes élèves m’ont apporté beaucoup de bonheur, de réussite, et de satisfaction, malgré les embûches rencontrées tout au long de ce chemin qu’est la vie.

Transformer ses rêves et rebondir parce que la vie est belle

2012 est une année charnière ou j’envisage une autre vie, mon métier différemment, les chevaux sous un autre angle. J’ai envie de n’enseigner que ce que j’aime, car je sais par expérience que c’est ce que l’on fait de mieux, et où on est à la fois le plus performant et le plus satisfait ! Un nouvel accident en 2013 et des problèmes de santé récurrents m’obligent à penser autrement et à réfléchir à une sérieuse reconversion professionnelle, car pendant plusieurs mois je ne suis plus à même temps physiquement que psychologiquement, de m’occuper de mes équidés. Ce break était nécessaire pour me reconstruire, pour appréhender mes nouveaux choix de vie, et m’y familiariser. Les chevaux et poneys sont toujours à la maison (enfin autour !) pour mon plus grand bonheur, celui de mon conjoint et de sa fille, car ils sont pour nous, une source inépuisable de satisfaction, malgré les corvées inhérentes à leur entretien.

Le beau Scotch

Le beau Scotch

Aujourd’hui j’écris, je relate mes expériences, mon vécu et mon savoir dans des articles sur des blogs et sites internet. Je partage mes connaissances via le net, pour aider les propriétaires, cavaliers et meneurs à devenir de meilleurs compagnons pour leurs amis équins. Chaque jour l’un de mes animaux m’offre un sujet d’article intéressant, et je n’ai plus assez de temps pour tout écrire, tant il y a à faire et à dire pour leur bien être et le notre !

Et comme au fond de soi, on ne change pas complètement, je me lance de nouveaux défis équestres et humainsQue je vous invite à venir découvrir sur mes blogs.

Gaëlle des blogs cheval-facile et attelage-facile.