L’état de flow est un état de concentration intense où je me sens complètement absorbée par ce que je fais. C’est comme si le flot d’une rivière me portait presque sans effort vers l’objectif donné. Je perçois alors cette activité comme particulièrement agréable et atteint une productivité optimale. Dans cet état que je pratiquais sans savoir ce que c’était, je suis particulièrement dans la gratitude parce que je suis à ma place et que j’ai la possibilité d’exprimer mes talents.

Si je prends l’exemple de cet article, j’ai pour objectif de l’écrire, les mots coulent sur le clavier parce que j’ai l’habitude, j’ai acquis des compétences et c’est fluide. Le petit stress se situe au niveau de « est-ce que ce sera un article de qualité ? » mais je m’efforce de ne plus écouter la petite voix qui pouvait me paralyser en me disant « sois parfaite ! » et j’avance !

Flow et défis

Etat-de-flow-définitionJe choisis également mes défis lorsque je sors de ma zone de confort et que je passe au format vidéo… Depuis que j’ai commencé depuis trois jours le fameux « dans 30 jours j’aurai partagé 30 trucs et astuces pour vivre dans la gratitude » je suis comme une gamine toute contente, ça me stresse un peu mais je sais que j’en suis capable, alors je jubile et j’aime ça ! Dans cet état, je suis plus créative, plus centrée, plus douée aussi et c’est un état que vous pouvez tous vivre dans un domaine ou un autre !

Ce concept de flow a été énoncé pour la première fois par Mihály Csíkszentmihályi, un professeur et chercheur en psychologie d’origine hongroise ayant émigré aux Etats-Unis. D’après Mihály, le flow est l’état le plus propice au bonheur. D’où l’idée de chercher à le provoquer le plus souvent possible.

Ce qui est drôle dans l’histoire c’est que je me suis aperçu que la trentaine de portraits de personnes inspirantes que j’avais publié sur mon blog, vivaient cet état de flow d’une façon ou d’une autre. C’est pourquoi j’ai choisi d’illustrer chaque étape avec leur histoire.

flow-étape-11. Les objectifs sont clairement définis

Lorsque je suis dans le flow, je sais très clairement ce que je dois faire pour atteindre mon objectif. Les règles du jeu sont faciles à discerner et se complètent. Elles ne sont ni conflictuelles, ni déroutantes.

Par exemple, si je copie une toile de Chagall je sais exactement quel type de touche je dois faire avec mon pinceau pour y parvenir. Si je chante, je sais exactement quelles seront les prochaines notes.

Je ne connais pas seulement l’objectif global, mais également chaque étape qui me permet d’y arriver. Ceci contraste beaucoup avec les situations typiques de la vie courante où même si j’ai choisi l’objectif, le chemin pour y arriver reste pourtant incertain et mes idées souvent contradictoires.

Illustration avec François Durnez, expert en Leadership et Performance. Retrouvez son portrait ici

Etat-de-flow-étape-22. Le retour d’informations est direct et immédiat

Etre dans le flow, c’est aussi savoir à chaque moment si ce que je fais me rapproche ou m’éloigne de l’objectif que je me suis fixé.  Par exemple, selon la forme de la touche que je pose sur la toile, je sais si c’est juste ou pas. De même que le chanteur sera immédiatement alerté en cas de fausse note.

Grâce à ce retour d’information, les réussites et difficultés au cours du processus sont immédiatement repérées et le comportement ajusté en fonction. C’est ce qui permet de rester concentré sur l’activité.

En l’absence de ce feedback, on perd facilement l’intérêt pour l’activité qu’on pratique. Se perfectionner devient futile puisqu’on ne sait pas où on en est et où l’on va. On est davantage dans le flou que dans le flow. On vit cette fausse tranquilité ou on devient au contraire anxieux et stressé.

Illustration avec Corinne Tanguy créatrice d’un super un jeu de cartes pour s’auto-coacher. Retrouvez son portrait ici

Etat-de-flow-étape33. Équilibre entre difficulté et  compétences

Pour que l’activité soit plaisante, il est important que ce que je dois faire soit en équilibre avec ce que je suis capable de faire. Ceci est particulièrement évident lorsqu’on joue à un jeu : échecs, tennis, cartes, …. La partie sera intéressante à la seule condition que l’opposant ait à peu près le même niveau. Autrement, soit je me sens submergé, soit je m’ennuie car je suis bien meilleur que l’autre.

C’est la même chose pour une activité professionnelle : si je suis sous-qualifié, c’est stressant, tandis que si je sur-qualifié, je vais m’ennuyer. Par contre, si l’activité offre des challenges à la mesure de mes compétences, même si à priori je ne l’aimait pas particulièrement, l’activité peut devenir éventuellement intéressante et plaisante. Ainsi dans le cas d’un peintre, même si la toile blanche paraît au départ intimidante et complexe à maîtriser, peindre devient au bout d’un moment plaisant et peut même devenir addictif.

Illustration avec Emmanuelle Mertian de Muller, artiste peintre. Retrouvez son portrait ici 

Etat-de-flow-étape-44. Hyper-concentration et harmonie avec soi

Lorsque les trois première conditions sont réunies, un sentiment de concentration intense commence à se faire sentir. Ordinairement, mon attention est partagée : je pense à ce que je fais et je le fais. Je remarque ce qui arrive autour de moi alors que je fais quelque chose d’autre. Tandis qu’avec le flow, mon attention est comme fondue dans l’action. C’est pourquoi lors du flow, je suis capable d’être beaucoup plus efficace.

Ce sentiment d’hyper-concentration fait que je me sens bien, comme en harmonie avec moi-même. Je ressens comme une énergie spontanée qui me transporte dans le flux de l’action.

Illustration avec Benoite Fanton, photographe de talent. Retrouvez toi son portrait ici

Etat-de-flow-étape-55. Les frustrations du quotidien s’effacent

Cette hyper-concentration provoquée par l’énergie du flow efface une partie de ma réalité. J’oublie les disputes, les factures, les soucis quotidiens.  Cela ne m’affecte plus car tout cela est effacé temporairement de mon attention.

Lorsque je suis concentré dans l’action comme par exemple peindre des lettres en trompe l’oeil sur un mur en extérieur en me tenant debout sur un échafaudage, je ne peux pas me payer le luxe de penser à autre chose, sinon soit ma main tremble, soit je perds l’équilibre. De même, un grimpeur ne peut pas penser à des idées parasites lorsqu’il escalade une paroi au risque de tomber.

Ce soulagement est une source de bien-être considérable. On peut même parler d’une forme d’évasion: je crée une réalité plus élégante, plus exaltante que la réalité dans laquelle je vis. C’est donc une forme d’évasion constructive qui ne m’empêche pas de retrouver le cours plus simple de la vie. Le flow me permet de me donner de nouveaux défis et de bâtir des compétences qui n’étaient pas là avant.

Illustration avec Lou Divine, comédienne atypique. Retrouvez son portrait ici

Etat-de-flow-étape-66. On se sent capable de contrôler notre vie 

L’état de flow me donne l’impression d’être capable de contrôler ma vie, mes actions, non expérience. Ce n’est pas comme si j’étais capable de tout contrôler, autrement cela voudrait dire que l’expérience n’est pas à la hauteur de mes compétences. Mais je me se sens à la frontière car je sais qu’avec de l’entrainement, j’arrive de mieux en mieux à contrôler les choses.

Si l’on reprend l’exemple du grimpeur, on voit que même s’il est suspendu au dessus du vide par le bout de ses doigts, il se sent en sécurité. Grâce à ses années d’entraînement, il sait qu’il est capable de réaliser cette prouesse. En fait, il a davantage de contrôle sur sa vie que par exemple s’il se lançait dans une course à vélo alors qu’il n’est pas bien préparé.

Illustration avec la fabuleuse Isabelle Dargent qui danse avec les challenges. Retrouvez son portrait ici

Etat-de-flow-étape-77. L’égo défensif disparait et l’estime de soi augmente 

Lorsque je suis dans une situation de concentration optimale où je dois utiliser toutes mes compétences pour atteindre un objectif, j’observe également une perte de la conscience de moi. C’est à dire que ce sentiment d’égo défensif que je peux encore avoir dans la vie de tous les jours disparaît.

Un des pires sentiments de la vie courante est le souci de savoir ce que les autres pensent de nous mêmes. Par exemple on a peur de ne pas être bien coiffé, que notre cravate ne soit pas bien ajustée. Lorsqu’on réalise un projet professionnel, on est soucieux de ce que le boss va en penser. Le fait de se contrôler et de se soucier de ce que les autres pensent donne un sentiment d’insécurité très désagréable.

Mais lorsqu’on est dans le flow, on va au-delà de soi, on a un sentiment de transcendance. Si on chante dans un choeur par exemple, on sent qu’on fait corps avec la musique et les voix des autres choristes. De même dans un sport collectif, lorsque tout s’enchaîne harmonieusement, on sent vraiment qu’on fait partie d’un tout. Ce n’est pas comme si on était tout seul. Paradoxalement, après coup, alors même qu’on a agit au-delà de soi, on ressent une amélioration très nette de l’estime de soi. On est fier de ce qu’on a accompli. Bien qu’on se soit laissé aller, on ressort renforcé de cette expérience.

Illustration avec Aymeric Astier le roi du rire. Retrouvez son portrait ici

Etat-de-flow-étape-88. Notre perception du temps se modifie

Enfin, je note que le flow modifie ma perception du temps. On sait par exemple qu’une heure est composée de soixante minutes, qu’une minute est composée de soixante secondes et ainsi de suite, comme si chaque mesure était équivalente. Le flow me met hors du temps, les mots, les idées, les sons, les formes et les couleurs se posent sans vraiment d’effort. Le temps se compresse ou se vit intensément, dans ces périodes je suis concentrée, attentive, passionnée.

Pour résumer la situation, on peut dire que le temps s’adapte à l’expérience, alors que d’habitude on pense le contraire. Le temps n’est plus une contrainte où l’on doit ranger chaque moment de notre vie dans les diverses parties qui le composent. Le temps s’adapte à la façon dont on ressent les choses.

Illustration avec Cédric Taillon quand il anime ses ateliers théatre. Retrouvez son portrait ici

Le flow est cette force me pousse à donner le meilleur. Qu’en pensez-vous ?