Laissez moi vous parler du Génie Créatif de la Vie, auquel j’ai besoin de rendre hommage de part ce qui suit.

A 27 ans je constate que je me lève tous les jours pour gagner ma vie à la perdre. Je travaille à la Défense dans un poste qui ne me plaît pas, et y vais certains matins en pleurant. Puis vint ce jour particulier où je me mets à recopier un dessin et où tout bascule : enfin je trouve la quintessence de ma vie : la peinture. Fini l’errance sur Terre ! Enfin je trouve mon centre..
Parallèlement à cela, la Vie me matraque de synchronicités incessantes sur l’Australie et les Aborigènes. Monte en moi cette question lanscinante : pourquoi l’Homme s’est-il donc mis à peindre ?
Ephémère Floraison Emmanuelle Mertian de Muller

Ephémère Floraison Emmanuelle Mertian de Muller

Tout devient facile et évident

Je rends mon appartement, fait mon sac à dos et part avec la soif du monde de l’autre côté de la planète, « chez les Abos », à Arnhem Land. Une terre vierge de toute civilisation avec une loi aborigène très stricte à l’égard des blancs : n’importe qui peut être viré sur le champs du territoire, et il faut un permis tout particulier et très difficile à avoir pour y rentrer.

Là encore la Vie m’ouvre tout grand ses bras et j’y séjourne plusieurs mois.
J’y trouve certaines réponses, m’en pose d’autres. Puis fais le tour de l’Australie et y rencontre des personnes tellement différentes qui m’ ouvrent sur d’autres formes de pensée. De là je pars à Bali et vis dans une communauté d’artistes. Puis la Thailande où j’en rencontre d’autres. La  Nouvelle Zélande aussi, tellement magique… pour finir en Inde à la recherche une fois de plus de la direction de ma vie : en réponse à cette question, tout devient évident : je rentre à Paris pour peindre sérieusement, en atelier. Après avoir épongé mon désir de « sortir du carde » par le voyage, la boucle se referme sur mon désir initial.
Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

Je n’avais pas les moyens

Je vous entends d’ici : oui mais moi je n’ai pas les moyens.

Je ne les avais pas non plus !! J’ai passé un deal avec les anges : j’ai besoin d’évoluer, donc de voyager et de découvrir. Donnez-moi un moyen de subsistance, et en échange je cheminerai sur les sentiers de l’exploration personnelle et j’apprendrai à vous connaître à travers vos manifestations. En moins de 24 h, ils m’ont donné l’idée et le savoir-faire de créer des bijoux et de les vendre sur mon chemin. j’ai fait le tour de l’Australie sans aller à la banque une seule fois. J’ai beaucoup pratiqué le troc également, fantastique facilitateur de relation humaines : tout le monde a un cadeau à faire à quelqu’un.
Je me souviens de cet homme, au fin fond du désert qui allait jeter sa caisse de fruits (j’étais crudivore à l’époque, donc c’était pour moi une mine d’or). Il avait deux enfants. Ce pauvre homme ne leur avait jamais fait de cadeau de sa vie. Contre sa caisse de fruits qu’il allait perdre, je lui ai proposé mes bracelets. il s’est ouvert à la route du coeur : faire un cadeau à ses enfants. Des histoires comme cela j’en ai des tonnes.
Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

Retour à Paris quelques années plus tard

Je reviens donc à Paris après ce grand voyage de plusieurs années.

Je suis un peu désemparée pour retrouver du travail et là, la Vie m’ouvre les bras une nouvelle fois avec tellement de générosité et d’Amour. Je passe un seul coup de fil pour une annonce qui date de plusieurs mois et se trouve dans un magazine qui traîne là .. et je rentre en poste à Pratique des Arts, magnifique magazine de peinture : le topissime pour une passionnée. Imaginez ma gratitude et ma reconnaissance !! Je n’ai pas cherché plus d’une semaine. Enfin un emploi qui ne me fera plus mal !!! J’expérimente pour la première fois de ma vie  la joie profonde à travailler pour quelque chose qui fait du sens.

J’y suis à mi-temps, avec une équipe que j’adore, dont la plupart deviennent rapidement des amis. Je consacre l’autre « plus que mi-temps «  à apprendre à peindre auprès de grands maîtres. Je vois avec envie les journalistes aller faire des reportages chez les peintres… Ah ! voir quelqu’un peindre, comment il procède, c’était pour moi le Graal, voulant devenir peintre moi-même.
Malheureusement, j’ai un poste administratif donc impossible d’aller sur le terrain. Je vois les reportages passer, entends les anecdotes, bref, plaisir et frustration… vous connaissez peut-être ??
Puis vint la fermeture de l’antenne parisienne, licenciements à la pelle et chacun poursuis sa route. J’accueille cette nouvelle  comme un immense cadeau de la Vie : j’allais enfin pouvoir laisser s’épanouir davantage la peinture !

Une surprise de taille !

En juin dernier, j’ai été publiée dans ce journal, et c’est un de mes tableaux qui figure sur la première de couverture! (pas de passe-droit, tous les dirigeants de Pratique des Arts ont changés).

Je vous raconte tout cela pour vous faire part de ma sidération face Génie Créatif de la Vie devant lequel je m’incline. Si on m’avait dit à l’époque, quand je ne savais pas encore peindre, ce qui arriverais aujourd’hui, je crois que j’aurais un peu  » buggé ».

Si à l’époque, lorsque toute l’équipe s’arrachait les cheveux pour trouver LA bonne première de couverture, celle qui décide principalement du succès des ventes du N°;
si la Vie, me regardant droit dans les yeux m’avait dit : un jour cela sera ton tableau qui serait choisi, … comment dire….les mots me manquent.
Et si d’aventure, cela m’avait traversé l’esprit à l’époque, je pense que j’y aurais projeté une association de bonheur, de pleine réussite, de monde parfait  (du genre quand je serai…. alors tout sera génial).
En fait, intérieurement je me sens aujourd’hui être la même personne qu’à l’époque,  et vis pleinement le fait que le bonheur ne se situe pas du tout dans une publication ou un signe apparent de réussite extérieure. On est super content 5 mn et puis, so what, on a toujours un Graal devant soi. Pas vous?
Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

Dyptique Fleurs Emmanuelle Mertian de Muller

En revanche, ne jamais sous estimer le Génie Créatif de la Vie pour chacun d’entre nous. Nous sommes tous concernés !! En en écrivant tout cela, je vois avec vertige combien il est facile de l’oublier. Emma

Un immense merci pour ce témoignage poignant !
Vous pouvez retrouver ses oeuvres sur le site:  Emmanuelle Mertian de Muller

Et si suivre ses intuitions était le plus beau cadeau ?