Je suis en vacances loin du tourbillon de la ville, loin des citadins qui vont de plus en plus vite et qui veulent rester connectés à un monde qui vit 24h sur 24.  Je contemple dans la paix du matin un magnifique paysage de montagne à l’abri des branches généreuses d’un vieux chêne centenaire. Le vent léger effleure mes cheveux, les oiseaux chantent et se répondent… les nuances de vert et de bleus enchantent mon regard…

Ici et maintenant

Je peux poser mon regard et ne pas bouger, respirer l’air pur… retrouver ce contact avec la création est vital pour être bien dans sa tête ! Ici, pas d’internet… pas de connexion superflue… je peux me concentrer sur les rythmes naturels, mon temps est moins morcelée par toutes sortes d’infos qui ne sont finalement pas vitales !

Non je n’ai pas peur de rater une info cruciale sur les réseaux sociaux, ce temps de déconnexion repose mes neurônes fatigués et je peux mettre au placard cette petite voix qui me dit  » attention tu vas perdre le fil ! ». « Le temps numérique, ce n’est pas notre temps biologique, mais celui de machines avec lesquelles on ne peut pas rivaliser » écrit Thierry Crouzet, blogueur connu qui a fait un « burn-out numérique » en 2011. Après six mois de sevrage salutaire il a assainit sa pratique et reprit le contrôle de sa vie et de son travail toujours sur le net mais de façon choisie et maitrisée.

S’ennuyer, un appel à créer ?

Patrick Lemoine, psychiatre, docteur en neurosciences est l’auteur de « S’ennuyer, quel bonheur ! » (Ed Armand Colin, 2007). Il écrit « L’ennui à petites doses dès la petite enfance permet de développer l’imagination, la créativité, l’introspection et une forme d’autonomie. Je suis reconnaissant à mes parents de m’avoir laissé m’ennuyer dans le jardin à regarder les oiseaux! » 

 Il fait chaud, très chaud, mes enfants ont retrouvé mes vieux legos et playmobils… ils inventent une histoire. Je suis si heureuse de les voir s’occuper seuls, puis venir me trouver en me disant « maman, je m’ennuie… qu’est ce que je peux faire ? » Alors, on cherche ensemble une idée, et les voila repartis avec un livre, on ressort un vieux jeu de société, on va jouer au ping-pong, c’est tout simple et plus ou moins calme ! En fin de journée, nous sortons faire un grand plouf dans un lac en famille… le bonheur !

Paradoxe et stupéfaction

J’apprends avec stupéfaction qu’au coeur de la Silicon Valley, les cadres sup des grandes multinationales qui se partagent le gâteau de l’économie numérique envoient leurs enfants dans des écoles hors de prix où les nouvelles technologies sont tout simplement bannies. Et voila, l’école que j’ai connu avec ses cahiers, tableaux noirs, papier et crayons de couleurs de retour alors que l’on nous vante les mérites d’une société archi connectée et plus efficace !

Rien de plus simple à installer !

L’année prochaine facebook fête ses 10 ans, l’emprise du numérique est forte sur les comportements et 63% des français disent utiliser « trop » ou « beaucoup » les nouvelles technologies. 65% souhaitent se déconnecter plus souvent.

Rémy Oudghiri, dans son livre « Déconnectez vous » (Ed Arléa, 2013) décrit l’émergence d’une déconnexion régulière…mais temporaire qui touche aussi la génération Y qui a grandi avec internet. Ces temps de pause sont salutaires pour se retrouver face à soi même, retrouver le calme intérieur, laisser le vide s’installer et les nouvelles idées germer…  Un cadeau que l’on peut tous s’offrir cet été !

La « gratuite attitude » du jour:

Cherchez autour de vous un paysage qui vous plait et posez vous 5 mn pour le contempler… si les pensées vous assaillent ne luttez pas contre elles, concentrez vous sur votre respiration, puis recentrez votre attention sur la beauté…