Voici ce que j’ai vécu hier… jour de la Saint Valentin. Une amie Mona m’a fait comprendre que c’était un cadeau de vous offrir ce texte… C’est un grand pas pour moi…de vous ouvrir autant mon coeur. Gratitude !

Mon mari et les enfants sont partis à la campagne cet après midi. Nous avons un couple de hollandais chez nous pour la Saint Valentin et des norvégiennes qui arrivent demain… Je retrouve les miens lundi.

J’ai eu une magnifique conversation avec Jean Christian sur cet Amour plus grand que nous, sur cette foi qui me transporte et me dépasse, sur le regard d’amour que je pose sur chacun parce que je me sais et me sens infiniment aimée de Dieu, comme tout être l’est sur cette terre sans forcément le savoir…

J’ai dit à mon mari et à mes enfants que j’irai prier ce soir pour eux, pour nous, pour tous les couples, pour tous ceux en quête d’amour… Je compte aller dans une communauté que je connais bien où je me sens portée par la beauté et la qualité de présence, la force de la prière. C’est l’église Saint Gervais derrière l’Hotel de Ville où prient les frères et soeurs de Jérusalem, une présence monastique au coeur de la ville et pour la ville. Je me nourris de la beauté des chants, du rayonnement des visages, de la paix palpable… La aussi je valide le pouvoir de l’environnement.

Alors que je suis entrain de lire quasi en pleurs le magnifique témoignage de Karine (le 2ème publié sur le blog) sur l’amour qu’elle portait à son papa, ma maman m’appelle pour me proposer d’aller à la messe avec eux. Je sens que c’est juste, j’accepte donc avec plaisir. Je change mes plans, c’est parfait.

Je me retrouve entre mes parents dans l’église où ils se sont mariés pour la Saint Valentin. Quel beau cadeau. Par le plus grand des hasard, le prêtre qui célèbre est le sosie de François Durnez (voir le 1er témoignage) en plus jeune… ça me fait presque éclater de rire… chaque fois qu’il ouvre la bouche je vois François avec quelques années de moins… Et je pense « posture, respiration, sourire »… Je le vois se redresser et sourire davantage… ah c’est bon.

Je vis cette messe avec une immense gratitude pour mon père à ma gauche et ma mère à ma droite, je suis le fruit de leur amour. Je peux embrasser leur histoire en les remerciant, avec le passé douloureux que nous avons traversé en famille. Mon père cet écorché vif aux multiples talents, érudit souvent incompris qui ne savait que râler ou crier, ma mère soumise, malheureuse et douce qui nous donnait tant d’amour et de réconfort, la mort accidentelle de mon petit frère, la dépression de mon père… Leur lent chemin de guérison intérieure et le mien… les épreuves à répétition dans bien des domaines de ma vie jusqu’à ce que je comprenne combien toutes ces étapes étaient utiles pour me permettre d’en être là où j’en suis aujourd’hui… Ce chemin chaotique fait de joies, de blessures et de pardons sans cesse renouvellés pour moi même et pour mes parents m’a permis de développer de belles compétences humaines et spirituelles tout en lâchant les questions sans réponses du passé.

« Non seulement le consentement libère l’énergie pour affronter le cours des choses mais, de plus, il a cette étrange vertu de créer de la liberté à rebours, de révéler le sens de ce qui n’en avait pas. » Martin Steffens dans Petit traité de la joie, Ed Salvator 2011.

Au dessus de mon père je me mets à visualiser ses parents, ses grands parents… au dessus de ma mère je fais la même chose… Ca monte jusqu’au ciel… ça me dépasse… Je suis le fruit de tant de générations avant moi. Je constate que ce désir d’amour divin qui est au centre de mon cœur est lui aussi en constante expansion comme l’univers qui me contient…

J’ai reçu en héritage la foi qu’ils m’ont transmise, je me rappelle enfant de mon coeur qui battait pour l’amour de Jésus. Plus je prends la responsabilité de ma vie en donnant le meilleur au monde, plus le Dieu d’Amour me transporte et me nourrit ! Je peux trouver cet amour pour moi en moi mais je reçois de plus grand que moi. Cette foi a murie, a été bien des fois mises à l’épreuve, elle le sera encore demain et c’est parfait, je n’ai rien à prouver… juste à vivre et à rayonner.

En sortant maman nous invite à la crêperie… une autre belle surprise. Je passe un excellent moment avec mes parents à leur parler de mon évolution avec vous tous, à les remercier pour ce qu’ils sont, à les écouter aussi de façon plus juste et plus aimante qu’auparavant… GRATITUDE !