Lorsque Claire a donné l’opportunité à plusieurs d’entre nous de parler de la gratitude, dans toutes ses déclinaisons, définitions et appréciations, le cadeau a fait plus que me parler. Il s’est révélé à mes yeux une occasion formidable de mettre en mots, sur un autre support d’expression que ceux que j’administre habituellement, ce qui a poussé en moi depuis de nombreuses années, pour éclore dernièrement.

Je suis Interprète d’Emotions. Une définition mystérieuse et explicite à la fois. Je traduis les envies et les besoins de mon prochain afin de ciseler avec passion et finesse les émotions qu’il souhaite transmettre. Pour communiquer, donner ou partager, toutes les occasions sont génératrices de ressentis et de manières de les livrer. Aussi, ma perspicacité fait-elle la différence et à l’aide de mots, d’images et de photos, éléments au potentiel infini, je suis en mesure de donner vie au message idéalisé jusque-là.

gratitude-pas-à-pasEt la gratitude dans tout ça ? Et bien c’est une révélation qui s’est déroulée non pas en trois temps, mais grâce à trois évènements importants de ma vie. Je parle depuis longtemps de bienveillance dans mes relations à l’autre, famille, amis, clients, partenaires, mais aussi parfaits inconnus. Je m’efforce depuis des années de ne pas juger, ce qui ne m’empêche pas d’avoir des avis bien tranchés sur certains sujets, ce n’est pas incompatible ! Je m’efforce d’accueillir l’autre dans toute sa différence et sa richesse, car je sais qu’il m’apportera, d’une façon ou d’une autre, un enseignement, aussi minime soit-il et quel que soit l’angle adopté pour nos échanges.

Le premier jalon de mon apprentissage de la gratitude, c’est une enfance marginale. Au cœur de mes plus jeunes années, j’ai eu la responsabilité d’accompagner sur leur chemin d’adultes mes trois frères plus jeunes. Gérer les blessures de l’indifférence et la volonté de ne pas reproduire le schéma connu m’ont ouvert la voie d’un regard différent sur les épreuves que j’avais pu traverser. Inutile de se lamenter, j’étais en bonne santé, j’avais acquis des savoirs que peu de jeunes femmes pouvaient se vanter d’avoir à mon âge et on dit que ce qui ne tue pas rend plus fort. Alors j’ai remercié la vie de m’avoir donné ces opportunités de découvertes, malgré la douleur, remercié mes frères d’avoir eu la patience de me laisser faire mes armes, remercié les membres de ma famille qui ont fait ce qu’ils ont pu et été présents, parfois.

Des choix de vie m’ont amenée à explorer une relation amoureuse devenue tumultueuse après plusieurs années de tranquillité apparente. Trois enfants m’unissaient à cet homme et le quitter n’a pas été chose facile. Or, c’est bien à ce moment-là que j’ai commencé à être bienveillante avec moi.

douleur-gratitudeDans l’épreuve, ponctuée de violence et d’actes inconsidérés de la part de mon ex-compagnon, j’ai pris le temps de réfléchir à ce qui comptait vraiment pour moi. Bien sûr, mes enfants ont été les premiers sur la liste, et pour la première fois, je me suis rendu compte que j’étais l’éternelle oubliée de mes préoccupations. Cela devait changer. Assumer mes choix pour ce qu’ils étaient (une décision de vivre), me reconnaître talents et qualités, souhaiter les offrir à autrui, autant de chantiers démarrés simultanément mais avec de belles promesses à la clé. En vivant pour moi, j’ai donné aux autres.

Pour finir, j’ai perdu l’unique pilier de ma vie et en parallèle, j’ai découvert la trahison d’un être cher. Un peu comme le dernier volet d’une saga, ces deux évènements cumulés m’ont plus appris sur moi-même que les trente-sept années qui se sont écoulées pour moi. J’ai ouvert les yeux sur l’autre, tel qu’il est et non pas comme je l’idéalisais, j’ai accepté ses faiblesses, ses carences et ses démons.

Après quelques semaines de colère, le départ de ma grand-mère s’est fait plus doux et malgré une profonde tristesse que je n’arrive toujours pas à canaliser, il me fait également réaliser beaucoup de choses. Ces deux évènements m’ont transformée. Bien sûr, ça ne se voit pas –forcément- de l’extérieur, mais au plus profond de moi, des tempêtes se sont calmées face au tsunami qui a déferlé dans ma vie. Et aujourd’hui, je suis reconnaissante à ce tout, qui n’est peut-être rien, je n’ai pas de croyance bien précise. La bienveillance, l’optimisme et la gratitude qui m’habitent ont été largement développés par mon expérience de vie et je remercie chaque intervenant de mon existence d’avoir apporté son grain de sel dans le développement qui est le mien.

Pour contacter Amélia qui habite un beau petit village près d’Avignon vous pouvez découvrir son site et son univers sur Plume à Plume.

Une immense gratitude pour ce beau parcours partagé.

Que vous inspire ce témoignage poignant ?